Macron poursuit le grand débat en banlieue, à Courcouronnes (VIDEOS) — "Bonjour Madame !"

05 Février, 2019, 04:12 | Auteur: Aubrey Nash
  • L'idée d'organiser un référendum le jour des européennes fait son chemin dans la majorité pour tirer les conclusions du grand débat

Macron a confié à plusieurs journalistes que la question d'un référendum "fera partie des sujets discutés " et "doit être cogité ".

Fortement remis en cause par les Gilets jaunes, le président de la République pourrait avoir recours à cette consultation des Français pour trancher parmi les nombreuses propositions issues du grand débat, mais également pour renforcer sa légitimité politique. " Il n'exclut rien mais n'a pas pris sa décision ", a nuancé dimanche 3 février la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau.

Le patron des Républicains Laurent Wauquiez a lui jugé sur Europe 1 qu'Emmanuel Macron prend "un grand risque" s'il décide d'organiser un référendum limité aux seules questions institutionnelles et portant sur des sujets "très coupés des préoccupations et des priorités des Français".

Emmanuel Macron était à Courcouronnes ce 4 février, pour tenter d'associer les banlieues au Grand débat national, présenté comme répondant aux revendications des Gilets jaunes, mouvement parti majoritairement de la France rurale et périurbaine. "Vider de son contenu l'élection européenne, tuer le grand débat dont on a tellement besoin sur l'Europe, voler cette élection européenne pour faire de la politique politicienne nationale, je trouve ça incroyablement dangereux", a mis en garde Yannick Jadot, le chef de file d'EELV aux européennes. "Selon les confidences de ses proches, le président de la République est prêt à convoquer un référendum le jour des élections européennes, le 26 mai, pour s'extraire de la crise des Gilets jaunes", écrit ainsi le Journal du Dimanche. Au sein même du gouvernement, le choix de la date divise. "La dernière option, c'est le referendum, et on y va", explique-t-on. Elles pourraient notamment porter sur des sujets institutionnels, comme la réduction du nombre de parlementaires, la reconnaissance du vote blanc, l'introduction d'une dose de proportionnelle pour les élections législatives ou la limitation du nombre de mandats dans le temps. Sur BFMTV, la patronne du Rassemblement national Marine Le Pen a vu dimanche une "manoeuvre" d'Emmanuel Macron pour "détourner l'attention" des européennes dans l'hypothèse d'un référendum organisé le même jour: "Tout cela est complément bidon". Très engagée dans la campagne européenne, au point que son nom est cité avec insistance pour conduire la liste de la majorité, la ministre n'est pas très enthousiaste à l'idée d'un référendum le 26 mai.

"Il va recycler encore une fois sa modification constitutionnelle par l'intermédiaire de ce référendum, donc il va demander aux Français s'ils sont d'accord avec ce qu'il avait déjà proposé". "L'enjeu européen est suffisamment fort pour en faire un enjeu européen. Le référendum c'est autre chose c'est un enjeu national, et je ne pense pas qu'il faille mélanger les deux, c'est mon avis personnel". Idem du côté de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères qui a déclaré sur France Inter ce matin: "Il y a une demande de participation révélée par cette crise, une volonté de respiration démocratique".

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