Rencontre avec Sissi en fin de matinée — Macron en Egypte

28 Janvier, 2019, 22:51 | Auteur: Lynn Cook

Le président français Emmanuel Macron a estimé lundi au Caire devant son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi que la "stabilité" d'un pays allait de pair avec le "respect des libertés". (.) En France, on peut dire tout.

Le président de la République, en déplacement au Caire (Egypte), a été interrogé sur le respect des droits humains par Paris, à l'occasion d'une conférence de presse. Emmanuel Macron avait reçu le président égyptien à Paris en octobre 2017, malgré les critiques des ONG qui dénoncent régulièrement l'implacable répression exercée, selon elles, par le pouvoir égyptien contre toute forme d'opposition. Une "société civile dynamique, active, inclusive reste le meilleur rempart contre l'extrémisme et une condition même de la stabilité", a enchaîné le président français.

"N'oubliez pas que nous sommes dans une région troublée", a-t-il dit en estimant que "le projet d'établir un Etat religieux" n'avait "pas réussi en Egypte" -une référence notamment à la présidence de l'islamiste Mohammed Morsi en 2012-13.

Pour l'ex-chef de l'armée, "nous ne sommes pas comme l'Europe ou comme l'Amérique (.), on ne peut pas imposer à toutes les sociétés un seul chemin".

"Je ne serais pas un ami sincère de l'Egypte d'aujourd'hui si je ne disais par le fond de ma pensée", a-t-il encore insisté.

Emmanuel Macron avait pris soin de préciser qu'il était conscient des immenses défis auxquels fait face ce pays de 100 millions d'habitants, confronté notamment à la menace de groupes jihadistes. "Ce que la France vit depuis plusieurs semaines est inédit et je veux rendre hommage au professionnalisme des forces de l'ordre dans ce contexte", a souligné Emmanuel Macron. "Nous ne voulons pas que les droits humains en Egypte se résument uniquement aux blogueurs".

Elles ont aussi exigé "la suspension de toute vente française d'armes qui pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international".

L'Egypte est devenue le troisième client de vente d'armements pour la France, qui a obtenu quelque six milliards d'euros de commandes depuis 2015, dont la vente de 24 avions de combat Rafale.

Paris espère également profiter de la construction de la nouvelle capitale administrative égyptienne, à l'est du Caire, que les deux dirigeants ont brièvement visité dans l'après-midi.

Répondant aux préoccupations exprimées par Emmanuel Macron au sujet de la situation des droits de l'Homme en Égypte, le Président de cet État arabe, Abdel Fattah al-Sissi, a appelé l'Europe à ne pas regarder l'Égypte avec des yeux d'Européens, mais avec ceux des Égyptiens.

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