Les psychiatres manifestent pour des " soins plus humains "

25 Janvier, 2019, 16:26 | Auteur: Jonathan Ford
  • Pour « des soins plus humains », les professionnels de la psychiatrie manifesteront mardi à Paris

La psychiatrie publique dans une " situation dramatique "Si les médecins, les infirmiers et autres personnels du secteur décident de se rassembler, l'objectif est en fait d'"alerter la population de la situation dramatique de la psychiatrie publique ".

La mobilisation parisienne s'ajoute à d'autres mouvements sur le territoire: une grève à Rennes et à Amiens, une grève de la faim à Rouen ou encore une occupation du toit des urgences psychiatriques au Havre. "La parole, qui devrait être le premier outil de soin à l'hôpital psychiatrique, se défait", résume "Pinel en lutte".

Récemment et dans une lettre à Agnès Buzyn (Ministre des Solidarités et de la Santé), des psychiatres (au nombre de 100) dénonçaient la faible prise en charge des malades mentaux pointant les problèmes de budgets alloués à la psychiatrie dans les hôpitaux, entraînant de fait une insuffisance de la prise en charge des personnes atteintes de maladies mentales.

" On nous demande de plus en plus de paperasse, de chiffres qui n'ont pas de sens, explique par exemple la psychologue Isabelle Basset, membre de " Pinel en Lutte ". Au terme d'une grève de sept mois à l'hôpital Philippe Pinel d'Amiens, ce collectif avait obtenu l'obtention de 30 postes supplémentaires.

Quand j'ai commencé en psychiatrie il y a 14 ans, je connaissais les patients... "Maintenant on n'arrive plus à retenir leur nom de famille".

"On veut suffisamment de personnels pour pouvoir écouter les patients et éviter des situations dramatiques où l'on se retrouve contraints de les enfermer, de les contentionner", déplore Oriane Cayard, infirmière au GHU Paris psychiatrie et neurosciences. "Les personnels ont l'impression d'être là pour donner des médicaments et faire du gardiennage", en contradiction avec leur "vocation", analyse le professeur Antoine Pelissolo. Des services engorgés et de gros délais d'attenteLe manque de formation du personnel ainsi qu'un turn-over important des équipes complètent les griefs, avec par ailleurs des délais d'attente importants pour des consultations ou le manque de places d'hébergement dans les centres médico-sociaux, qui contribuent à l'engorgement des services.

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