Macédoine : Merkel salue l'"action décisive" de Tsipras

14 Janvier, 2019, 00:10 | Auteur: Lynn Cook
  • La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre grec Alexis Tsipras lors de leur rencontre à Athènes le 10 janvier 2019

"D'ici dix jours, quoi qu'il en soit, dès que les résultats (du Parlement macédonien) nous seront notifiés et si nous constatons que tout est en ordre, nous voterons" pour approuver l'accord, a précisé Alexis Tsipras à Open TV.

Athènes, 11 jan 2019 (AFP) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a félicité vendredi son homologue macédonien, Zoran Zaev, après le vote historique des députés à Skopje pour rebaptiser leur pays en "République de Macédoine du Nord", ont annoncé les services du Premier ministre grec. Le changement de nom n'entrera en effet en vigueur que si le Parlement grec avalise aussi l'accord conclu au printemps entre Zoran Zaev et son homologue grec Alexis Tsipras. L'accord, visant à mettre fin à un litige vieux de près de trente ans, est soutenu par l'UE et par les Etats-Unis car il devrait ouvrir la voie à l'adhésion de ce petit pays balkanique à l'UE et à l'Otan.

"Sans accord avec la Grèce, il n'y a pas d'Otan ni d'Union européenne", "j'ai changé d'avis sur la question du nom, au péril de ma carrière politique", "nous conservons notre identité", a dit avant le vote le social-démocrate Zoran Zaev.

Les Macédoniens accusaient les Grecs d'usurper leur héritage historique, notamment celui du roi antique, Alexandre Le Grand.

Un vote positif mettrait fin à des mois d'un combat politique féroce en Macédoine. Les responsables de l'opposition de droite (VMRO-DPMNE) crient à la trahison nationale. Mais ils ont subi la défection de plusieurs députés qui ont voté avec les élus sociaux-démocrates et leurs alliés des partis de la minorité albanaise (20 à 25 % de la population).

Ce vote est toutefois un important succès pour le leader social-démocrate, qui était affaibli depuis le référendum consultatif sur le nom qu'il avait organisé le 30 septembre 2018. Le " oui " l'avait emporté avec plus de 90 % des suffrages mais l'abstention avait été massive: plus des deux tiers des électeurs.

Les 120 parlementaires du pays qui s'appelle encore officiellement " Ancienne République Yougoslave de Macédoine " (ARYM), s'apprêtent à se prononcer définitivement en faveur ou non d'un changement de nom de celui-ci. S'il n'a besoin que d'une majorité simple, Alexis Tsipras dispose d'une faible marge de manœuvre (153 députés sur 300).

"Le président de droite de la Macédoine, Gjorge Ivanov, dont le rôle est honorifique, est un opposant résolu du changement de nom. Par le passé, il a refusé de signer des promulgations, mais la Constitution macédonienne prévoit qu'il est " obligé " de le faire si " la loi est adoptée par une majorité des deux tiers ".

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