Kurdes: Trump menace de "dévaster" l'économie de la Turquie

14 Janvier, 2019, 14:11 | Auteur: Lynn Cook
  • John Bolton

Le retrait américain de Syrie, salué par la Turquie, fragilise la situation des combattants kurdes. Les relations entre les deux pays, pourtant alliés au sein de l'Otan, se sont dégradées depuis 2016. Nous continuerons à les combattre tous.

L'avertissement musclé du président américain est survenu alors qu'Ankara menace depuis plusieurs semaines de lancer une nouvelle offensive contre les Unités de protection du peuple (YPG), un groupe armé kurde considéré comme "terroriste" par Ankara mais appuyé par Washington dans la lutte contre l'organisation Etat islamique (EI).

Les menaces de M. Trump interviennent alors que le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, effectue une tournée au Moyen-Orient, destinée notamment à rassurer les alliés de Washington au sujet du retrait américain de Syrie.

Ankara qualifie les YPG de " terroristes " pour leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le territoire turc depuis 1984.

S'adressant directement au président américain, le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré, lui aussi sur Twitter: " M. @realDonaldTrump les terroristes ne peuvent pas être vos partenaires et alliés [.].

L'annonce en décembre du retrait des troupes américaines de Syrie avait été saluée par Ankara qui ne cache pas son intention de lancer une offensive contre les YPG pour empêcher la création à ses portes d'un embryon d'État kurde susceptible de raviver les velléités séparatistes kurdes en Turquie.

Mais Ankara avait par la suite réagi vivement à des informations selon lesquelles Donald Trump envisageait de conditionner le retrait des soldats américains à la sécurité des combattants kurdes. Commencer le retrait longtemps attendu de Syrie en frappant durement le petit califat territorial restant de Daesh, depuis plusieurs directions.

"La Russie, l'Iran et la Syrie ont été les principaux bénéficiaires de la politique américaine à long terme de destruction de Daech* en Syrie, ses ennemis naturels".

Donald Trump a d'ailleurs prévenu que les Etats-Unis attaqueraient de nouveau l'EI depuis les bases américaines situées dans la région si le groupe se reformait. Nous en bénéficions également, mais le moment est venu de ramener nos troupes à la maison. Les Nations unies ont affirmé de leur côté, vendredi, que 25 000 personnes ont fui les violences des combats ces six derniers mois. Le conflit a fait plus de 360 000 morts.

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