32 000 manifestants en France pour l'acte 9 — Gilets jaunes

14 Janvier, 2019, 09:25 | Auteur: Lynn Cook
  • La préfète du Cher Catherine Ferrier

Mardi doit commencer le grand débat lancé par le gouvernement français pour tenter de sortir de la crise des "gilets jaunes", ces citoyens de la France rurale et péri-urbaine mobilisés contre la politique fiscale et sociale du gouvernement. Le gouvernement avait durci le ton en annonçant qu'à "l'ultra-violence" il opposerait "l'ultra-fermeté" et le préfet de police de Paris redoutait "plus de radicalité". Mais les défilés n'ont pas dégénéré, malgré des heurts constatés en marge de ces rassemblements. En début de matinée, samedi 12 janvier, de nombreux manifestants commençaient à se rassembler dans le quartier de Bercy, non loin du ministère des finances. Des heurts ont notamment eu lieu près de l'Arc de Triomphe et sur l'avenue de Friedland.

Au total, 156 ont été interpellées à Paris depuis samedi matin, notamment pour port d'arme prohibée ou participation à un groupement en vue de commettre des violences. Un dispositif de sécurité "considérable" est déployé. Seuls un kiosquue à journaux et une poubelle sur le secteur de l'Etoile ont été légèrement dégradés.

A Bourges, plus de 6 300 personnes ont manifesté "dans le centre de la France" à l'appel notamment d'autres leaders du mouvement, Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle, une première depuis le début du mouvement. Plusieurs "black blocs" étaient présents dans le cortège parti de la place de Bretagne. Plus de 5.000 manifestants ont emprunté le parcours officiel, suivis par 400 militants de la CGT.

Vers 15h, 18 personnes avaient été interpellées, dont 15 préventivement.

A Bourges, la mobilisation est plutôt importante aussi, avec 5.000 personnes comptabilisées par la Préfecture. La capitale de Nouvelle-Aquitaine est l'un des bastions du mouvement en France. Ils sont environ 500 à prendre la direction des rues du centre-ville.

Si la présence policière massive (80.000 forces de l'ordre dans toute la France, comme le 8 novembre dernier) a sans doute dissuader certains fauteurs de trouble dans la capitale, un changement d'organisation de la mobilisation explique aussi ce calme relatif. "Ce qu'il faut, c'est du cash, du concret, le plus tôt possible", a d'ores et déjà répondu un couple de manifestants, Jean-Luc Dugast et sa compagne Marie-Thérèse Augusto. Cette "responsabilité" serait-elle le fait d'une nouveauté mise en œuvre à l'occasion de cet "acte 9": un service d'ordre de "gilets jaunes"?

Ils étaient à nouveau plusieurs milliers de gilets jaunes à manifester aux quatre coins de l'Hexagone. Les violences ont terminé aux abords du stade Mayol, où le RC Toulon affrontait à 18h30 les Écossais d'Edimbourg en coupe d'Europe de rugby. 4 personnes ont été interpellées et un manifestant blessé à l'oeil par un lanceur de balles de défense. Même chose à Strasbourg, où le défilé de 1.500 personnes s'est accompagné d'incidents et de jets de projectiles et de grenades lacrymogènes. Pour repousser les manifestants, les forces de l'ordre ont largement fait usage des canons à eau. Quelque 5000 manifestants ont défilé ce samedi dans les rues du centre-ville, selon la préfecture. La manifestation s'est déroulée dans un calme relatif.Le cortège des "Gilets jaunes" s'est progressivement formé dans les environs de la gare de Mons. Vingt personnes ont été interpellées, selon la préfecture du Nord.

ABar-le-Duc, des heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et des Gilets jaunes - 600 selon la préfecture, un millier selon un photographe de l'AFP.

Selon les autorités, ils étaient aussi 1.500 à 2.000 à Perpignan, 1.800 à Lyon, 1.200 à Saint-Etienne. De 150 à 200 "gilets jaunes" bloquaient par ailleurs à la mi-journée la circulation sur le viaduc de Millau.

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