Guerre: Pompeo confirme le retrait US de Syrie - Monde

13 Janvier, 2019, 18:08 | Auteur: Lynn Cook
  • Une visite surprise de Mike Pompeo à Bagdad avec une rencontre de responsables irakiens

En tournée régionale, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est arrivé mercredi à Bagdad pour une visite surprise, deux semaines après un passage du président Donald Trump, vivement critiqué pour n'avoir rencontré aucun responsable irakien. Une déclaration prenant le contre-pied de la déclaration de Barack Obama en 2009 à la grande Université du Caire. Il leur a dit que les États-Unis et le monde musulman avaient besoin d'un " nouveau départ ".

Le discours de Pompeo a été prononcé à l'occasion de la troisième étape d'une tournée au Moyen-Orient dans neuf pays afin de rassurer les partenaires arabes aux États-Unis que le gouvernement Trump ne s'éloignait pas de la région face à la confusion et aux préoccupations pour les plans de retrait des forces américaines de la Syrie. Et s'assurerait "qu'Israël conserve la capacité militaire" à "se défendre contre l'aventurisme agressif du régime iranien".

Des pays que Pompeo a invités à accélérer la réalisation de l'Alliance stratégique du Moyen-Orient, surnommée Otan arabe.

C'est donc, a-t-il résumé, l'administration Obama qui a abandonné ses amis, et "l'Amérique revigorée" de Trump qui leur propose "le vrai +nouveau départ+" en étant "une force pour le Bien au Moyen-Orient".

Selon le secrétaire américain, la Turquie et les Etats-Unis s'entendront sur les détails du retrait des soldats américains de Syrie. Le retrait des quelque 2.000 soldats américains déployés en Syrie pour combattre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), annoncé à la surprise générale en décembre par M. Trump, est perçu comme l'illustration des contradictions de la stratégie de son administration -voire de l'absence de stratégie selon ses détracteurs.

Lors de sa vite en Israël dimanche, John Bolton a déclaré que le retrait américain de Syrie serait notamment conditionné à des garanties concernant la sécurité de leurs alliés kurdes.

"La menace du terrorisme islamiste radical est réelle".

Le secrétaire d'Etat américain a décrit sur Twitter son entretien comme "fructueux".

"Notre engagement à continuer de prévenir la ré-émergence de l'EI est réel, important", "nous allons simplement le faire différemment dans un endroit spécifique, la Syrie", où les Etats-Unis interviennent militairement depuis 2014 au sein d'une coalition antijihadiste, a-t-il ajouté.

Pour cela, il compte s'appuyer sur les plus proches partenaires de Washington: après la Jordanie et l'Irak, il se trouve donc en Egypte, où il a rencontré jeudi matin le président Abdel Fattah al-Sissi.

" Considérant faussement les États-Unis comme une force qui afflige le Moyen-Orient, le pays était timide lorsqu'il a fallu s'affirmer tandis que nos alliés exigeaient que nous soyons forts", a déclaré Pompeo, sans mentionner nommément l'ancien président.

Sur le volet des atteintes aux droits humains régulièrement dénoncés par les ONG, M. Pompeo a indiqué dans son discours, qu'il " encourage le président Sissi (...) à promouvoir les échanges d'idées libres et ouverts ".

"Dans un monde parallèle" où "la guerre en Irak" ou "la complicité de Washington dans la catastrophe humanitaire au Yémen n'auraient jamais eu lieu", "l'opinion arabe saluerait probablement de manière enthousiaste" son discours, a ainsi estimé Rob Malley, désormais président de l'organisation de prévention des conflits International Crisis Group.

"Mais sur la planète terre, elle va le prendre pour ce qu'il est: un portrait auto-satisfait et délirant de la politique de l'administration Trump au Moyen-Orient", a-t-il conclu.

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