Direct. L'acte IX des Gilets jaunes dans la région

13 Janvier, 2019, 15:50 | Auteur: Lynn Cook
  • Edition numérique des abonnés

"On nous met sur la paille!": avec plus de 6.000 personnes venues de toute la France, Bourges est devenue un nouvel épicentre de la contestation des "gilets jaunes" samedi, une mobilisation sans précédent émaillée de quelques incidents. Parmi ces manifestants, les autorités auraient repéré "environ 1.000 casseurs". "Il y a un regain assez formidable depuis une semaine et qui va encore s'accentuer", croit savoir Thibault Devienne, 23 ans, un gilet jaune de Juvisy, en banlieue parisienne.

Mais les violences se sont simplement déportées près de l'arrêt de métro Jeanne d'Arc, sur le boulevard de Strasbourg: mobilier urbain endommagé, affrontements entre manifestants et policiers, barricades déployées.

A Paris, 8.000 manifestants battaient le pavé.

Comme à chaque mobilisation, les tensions se sont aggravées en début d'après-midi après une matinée plutôt calme. Cinq d'entre elles ont été arrêtées dans une voiture dans laquelle les forces de l'ordre ont retrouvé des billes métalliques, susceptibles de servir de projectiles.

Après la place du Capitole, les manifestant ont emprunté la rue Alsace-Lorraine.

À Paris, le préfet de police Michel Delpuech s'attend, lui, à "plus de radicalité". Plusieurs manifestants ont été blessés, a constaté un journaliste de l'AFP qui a pu voir l'un d'eux touché par un tir de lanceur de balle de défense (LBD).

Si seulement 1200 personnes étaient présentes place Seraucourt à 13h, en réponse à l'appel national lancé sur Facebook et relayé par certains leaders du mouvement dont Maxime Nicolle, alias "Fly Rider", le cortège a grossi au fil des heures. Selon un dernier bilan de la préfecture, 59 personnes ont été interpellées à Paris depuis samedi matin. Plus de 5.000 manifestants ont emprunté le parcours officiel, suivis par 400 militants de la CGT. Des affrontements ont brièvement éclaté à la fin de la protestation lorsqu'une partie du cortège a tenté de changer de trajectoire, les forces de l'ordre procédant à des sommations avant de faire usage de gaz lacrymogènes. Ces derniers ont riposté en lançant des bouteilles vides sur les forces de l'ordre.

"On a du mal à dégager un salaire, c'est les gosses qui doivent nous aider à remplir le frigo".

Très surveillées après les appels à manifester de plusieurs personnalités des gilets jaunes, Paris et Bourges ont concentré plusieurs milliers de manifestants samedi. Il s'agit de "démontrer notre unité au centre de la France", explique Priscillia Ludosky, autre figure des gilets jaunes - en plus de l'homophonie avec les "bourgeois" dont s'amusent certains.

Et le mouvement, dont l'impact sur l'économie française est sévère d'après les autorités, reste populaire dans l'opinion publique malgré les violences.

La rue où se situe la maison du président a été bloquée à la circulation et un important dispositif de sécurité - barrières et renforts humains - a été déployé, malgré l'absence du chef de l'Etat et de son épouse Brigitte.

Un rendez-vous qui s'annonce délicat pour le gouvernement alors qu'une enquête d'un institut français de recherches politiques, le Cevipof, montre que la défiance des Français vis-à-vis des responsables politiques atteint un niveau "alarmant".

Des rassemblements se sont tenus dans d'autres villes de France. Ainsi des centaines de personnes, beaucoup revêtues d'un gilet jaune, ont défilé samedi à Londres pour dénoncer l'austérité et réclamer des élections générales anticipées.

En Belgique, où le mouvement a démarré en novembre comme en France, un homme qui participait à un barrage filtrant sur une autoroute de l'est du pays est mort vendredi soir renversé par un camion.

Recommande: