Des terroristes jugés à Bruxelles

13 Janvier, 2019, 07:54 | Auteur: Lynn Cook
  • L’arrivée de Nemmouche au palais de justice de Bruxelles lundi matin: le début de sept semaines sous haute tension. ph. afp

Face à la Cour, Medhi Nemmouche, l'auteur présumé de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, entend plaider non coupable. L'audience doit être consacrée jusqu'au 11 janvier inclus à la lecture de l'acte de l'accusation, un document d'environ 200 pages.

La présidente de la cour d'assises de Bruxelles, Laurence Massart, a suspendu les débats vendredi vers 15h15, jusqu'à mardi matin à 9h00, dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique.

Selon l'accusation, Mehdi Nemmouche est l'homme qui, le 24 mai 2014 vers 15h45, a ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif, tuant un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site. Quatre journalistes français pris en otage en Syrie après leur enlèvement en 2013 affirment en outre que cette voix est celle d'un de leurs geôliers, identifié comme étant Mehdi Nemmouche, a également souligné le parquet fédéral. Un quadruple assassinat exécuté en 82 secondes, comme s'il était l'œuvre d'un tueur professionnel, avec un revolver et un fusil d'assaut Kalachnikov. Il veut "voir son innocence reconnue", comme l'a dit un de ses avocats le 20 décembre lors d'une première audience préliminaire. Certainement. C'est quelqu'un de malin.

"Il faisait partie des gens qui torturaient les Syriens, les Irakiens, les prisonniers", a-t-il assuré.

D'après l'enquête française sur cette séquestration à Alep, Mehdi Nemmouche ne cachait pas son admiration pour Mohamed Merah, qui en 2012 a assassiné trois militaires, puis trois enfants et un père juifs, à Toulouse et Montauban (sud de la France).

Pour Yohan Benizri, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès, le caractère antisémite des assassinats reprochés à l'accusé ne fait aucun doute. Mais sur les bancs des victimes on craint que les avocats de Mehdi Nemmouche tentent de minimiser cet aspect voire de "tenir un discours de type complotiste".

Durant les quatre années qui ont séparé les faits du procès, Me Courtoy, également défenseur de Dieudonné et d'un centre islamique qui avait diffusé un montage comparant un ministre israélien à Adolf Hitler, a déjà évoqué à demi-mot l'hypothèse de la responsabilité d'agents israéliens. Une arme retrouvée en sa possession lors de son arrestation à Marseille six jours après les faits.

En 2008, les deux délinquants avaient fait connaissance à la prison de Salon-de-Provence (sud de la France), où ils étaient décrits comme radicalisés, faisant du "prosélytisme" auprès des autres détenus musulmans.

Leur proximité est attestée dans l'enquête par 46 contacts téléphoniques en l'espace de quinze jours en avril 2014, époque à laquelle le principal accusé est soupçonné d'avoir préparé son attaque.

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