Pourra-t-on éviter les violences ce samedi — "Gilets jaunes"

12 Janvier, 2019, 16:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Manifestation des gilets jaunes: le maire de Bourges Pascal Blanc publie sa lettre ouverte

Le niveau de mobilisation des forces de l'ordre a retrouvé son niveau de la mi-décembre avec 80 000 forces de l'ordre déployées, dont 5 000 à Paris. Les musées, ainsi que certains commerces, seront par ailleurs fermés. "Ce que je vais interdire par arrêté que j'ai signé et qui va être publié, c'est toute manifestation dans le centre-ville, le centre historique ", pour permettre la manifestation " qui se veut pacifique avec notamment la CGT, de circuler en dehors, sur les boulevards qui entourent la ville", a expliqué Catherine Ferrier. La mobilisation pourrait, selon le patron de la police nationale, retrouver le niveau d'avant Noël: le 15 décembre, 66.000 personnes avaient été décomptées en France, selon des chiffres officiels contestés par les " gilets jaunes ". Aucune manifestation n'a été déclarée à Paris pour le 12 janvier, à part quelques petits rassemblements "représentant des groupes peut-être d'une trentaine de personnes", a précisé Michel Delpuech. La capitale verra également le retour des véhicules blindés à roues (VBRG) dans ses rues, rarement utilisés en métropole pour le maintien de l'ordre. Vendredi soir, un homme qui participait à un barrage filtrant de "gilets jaunes" sur une autoroute en Belgique est mort renversé par un camion.

"Ceux qui appellent aux manifestations demain savent qu'il y aura de la violence et donc ils ont leur part de responsabilité", a déclaré M. Castaner dans une interview sur Facebook. Le maire dit vouloir que "tout objet qui pourrait se transformer en projectile ne puisse pas être à disposition des manifestants".

"Paris, c'est là qu'il y a les grandes entreprises du CAC 40, les médias, on sera plus visibles", juge Arnaud, 48 ans, gilet jaune de Seine-et-Marne. Les manifestations violentes ont refroidi nombre de touristes étrangers, avec un repli de 5% à 10% des arrivées aériennes internationales à Paris en décembre.

Près de deux mois après le début de la mobilisation, dont les images violentes ont marqué à l'international, les conséquences pour le tourisme se font déjà sentir dans la capitale.

"Pas de lutte des classes, tous chez les Bourgeois", proclame un tract diffusé localement. Les horodateurs et le mobilier urbain ont été démontés, et les banques ont protégé leurs façades avec des plaques de contreplaqué.

Mais en début d'après-midi, les premiers rassemblements se déroulent globalement dans le calme, sans incident notable.

D'autres manifestations sont prévues dans le pays: Bordeaux, Marseille, Toulouse, Lyon, Strasbourg, Lille, Nantes, Rennes, Nîmes, Bar-le-Duc, ou encore à Saint-Brieuc. Ils sont soutenus par Solidaires, seul syndicat à appeler à rejoindre les cortèges.

La gestion sécuritaire de cet acte 9 sera cruciale avant l'ouverture du grand débat, promis par l'exécutif pour faire émerger des revendications. "Ensuite on part faire du shopping dans Paris vers les grands magasins, les Champs-Elysées", shopping "symbolique" "parce que nous on n'a pas les moyens", a-t-il ajouté.

"Je veux qu'on fasse un vrai débat. Ce n'est pas un débat dont on connaît les termes et l'aboutissement", a assuré le président de la République vendredi annonçant qu'il publierait lundi sa "lettre aux Français".

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