La coalition internationale annonce avoir entamé le retrait de ses troupes — Syrie

12 Janvier, 2019, 18:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Des véhicules militaires américains dans le nord de la Syrie près de la ville de Minbej le 30 décembre 2018

Cette déclaration intervient moins d'un mois après l'annonce par le président américain Donald Trump du retrait de quelques 2 000 soldats américains de Syrie.

La coalition internationale antidjihadiste a été créée en 2014, après la montée fulgurante du groupe Etat islamique (EI) en Syrie et sa conquête de larges pans des territoires syrien et irakien.

Au fil des jours, Washington a procédé à un rétropédalage en fixant des conditions loin d'être réunies pour un départ de Syrie: une défaite définitive de l'EI et l'assurance que les combattants kurdes ayant lutté contre les djihadistes aux côtés des Américains seront protégés de l'hégémonie ottomane qui a couvé Daesh.

La coalition "a commencé le processus de retrait (.) de Syrie", a indiqué, sans plus de précisions, à l'AFP le colonel Sean Ryan, porte-parole de la coalition. "Par souci de sécurité opérationnelle, nous ne discuterons pas des échéances, des lieux ou des mouvements de troupes", a-t-il souligné. Mais, depuis, le gouvernement américain a multiplié les messages pour gommer l'impression initiale de départ précipité donnée par M. Trump. Dimanche dernier, rappelle The Washington Post, son conseiller à la sécurité nationale John Bolton assurait toutefois que les forces américaines ne se retireraient pas tant que Daech n'aurait été complètement vaincu et tant que la Turquie n'aurait pas fourni la garantie de ne pas attaquer les combattants kurdes alliés aux États-Unis.

La principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), épine dorsale sur le terrain de la lutte contre l'EI, est en effet menacée par une possible offensive de la Turquie, pays voisin de la Syrie.

Ankara qualifie les YPG de "terroristes" pour leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le territoire turc depuis 1984.

Un départ précipité des États-Unis risquerait d'affaiblir les YPG et de renforcer l'EI, estiment les détracteurs de la décision de M. Trump, y compris dans son propre camp républicain.

Certains craignent que ce départ n'ouvre la voie à l'Iran, allié du régime de Bachar al-Assad et ennemi de Washington, pour étendre son influence en Syrie et constituer une menace pour Israël.

Selon des analystes, l'annonce du retrait américain a déjà des conséquences.

Après avoir autoproclamé en 2014 un "califat" à cheval sur la Syrie et l'Irak, l'EI a subi une série de revers militaires. Des affrontements sporadiques opposent les jihadistes aux forces du président syrien Bachar al-Assad. Mais il n'était pas clair dans l'immédiat si le retrait inclut également les troupes françaises et britanniques déployées sur le sol.

La guerre en Syrie a débuté en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie. Elle a fait plus de 360.000 morts.

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