L'Iran mêlé à deux meurtres aux Pays-Bas

10 Janvier, 2019, 13:20 | Auteur: Lynn Cook
  • Les chefs de l'Union européenne lors d'une table ronde à un sommet de l'UE à Bruxelles le 14 décembre 2018

"Nous avons en effet découvert qu'il y avait de fortes indications que le gouvernement iranien était impliqué dans deux assassinats aux Pays-Bas en 2015 et 2017", explique Dick Schoof, coordinateur national de l'anti-terrorisme et du renseignement néerlandais. Elles prennent la forme d'un gel des avoirs financiers détenus en Europe par la branche du ministère iranien du Renseignement, placée sur la liste européenne des organisations terroristes, et de ceux de deux individus membres de cette organisation.

Sur la base d'informations émanant des services de renseignement de plusieurs pays européens, l'UE estime qu'il est probable que l'Iran a été impliqué dans des meurtres et des complots sur le territoire européen.

Depuis, Copenhague a cherché le soutien de ses alliés européens sur des sanctions communes, tout en défendant l'accord international sur le nucléaire avec Téhéran.

Et fin juin les autorités françaises avaient annoncé avoir déjoué un attentat organisé par les services de renseignements de Téhéran et visant un rassemblement en France d'un groupe d'opposants iraniens.

Les sanctions européennes traduisent "la solidarité des États membres " de l'UE et "leur détermination à agir de manière unie pour ne pas laisser sans réponse une action hostile et inacceptable perpétrée sur le sol européen", a indiqué dans un communiqué la porte-parole du Quai d'Orsay Agnès von der Mühll.

Sur Twitter, le chef de la diplomatie iranienne a réagi avec amertume aux sanctions européennes: "Les Européens, notamment le Danemark, les Pays-Bas et la France, abritent le MEK - une organisation qui a tué 12.000 Iraniens et encouragé les crimes de Saddam contre les Kurdes irakiens".

Les mesures prises mardi ne sont pas liées à l'accord nucléaire iranien, a abondé le gouvernement néerlandais. Les deux victimes, Ali Motamed, 56 ans, et Ahmad Molla Nissi, 52 ans, étaient des opposants au régime iranien.

Les Pays-Bas avaient expulsé en juin deux employés de l'ambassade iranienne, avaient annoncé en juillet les services de renseignement néerlandais, sans révéler les raisons de ces expulsions.

Téhéran a alors protesté contre l'expulsion des deux diplomates, qualifiée de "geste hostile et destructeur", et a menacé les Pays-Bas de représailles.

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