L'Australie pourrait accorder l'asile à la Saoudienne en fuite

10 Janvier, 2019, 00:27 | Auteur: Lynn Cook
  • Le passeport de la jeune fille lui a été enlev

Après des frayeurs, Rahaf Mohammed al-Qunun est "heureuse".

Une jeune Saoudienne de 18 ans, qui a fait faux bond à sa famille lors d'un voyage au Koweït, a été autorisée à quitter l'aéroport de Bangkok avec des représentants du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR).

Le HCR a transmis le dossier de "Rahaf Mohammed Al-Qunun à l'Australie pour qu'elle examine l'opportunité de lui accorder l'asile en tant que réfugiée", a dit le ministère australien de l'Intérieur dans un communiqué. La justice thaïlandaise a rejeté lundi un recours déposé par une avocate qui demandait l'annulation de cette extradition mais le chef de la police de l'immigration a assuré qu'elle ne serait "pas renvoyée contre son gré" dans son pays.

C'est de sa chambre d'hôtel qu'elle avait alors lancé un SOS sur les réseaux sociaux entraînant une impressionnante mobilisation pour soutenir sa demande d'asile.

Cet événement prend une dimension particulière après le meurtre récent au consulat saoudien en Turquie du journaliste Jamal Khashoggi et une pétition a été lancée sur Change.org pour plaider la cause de cette Saoudienne de 18 ans.

Sydney a contacté le HCR et les autorités thaïlandaises pour " obtenir des garanties " afin qu'elle puisse accéder au processus d'obtention du statut de réfugié, a indiqué un porte-parole du gouvernement australien. Mais à son arrivée à l'aéroport thaïlandais, elle a assuré avoir été arrêtée par des responsables saoudiens et koweïtiens, qui l'auraient privée de son passeport.

" Je ne quitterai pas ma chambre tant que je n'aurai pas rencontré le HCR ", avait-elle mis en garde, barricadant la porte à l'aide d'une table.

Cette dernière accuse sa famille de l'avoir enfermée dans une pièce durant six mois simplement pour s'être coupé les cheveux. La jeune femme a été placée sous la protection du HCR. Pendant quelques heures, elle a confié la gestion de son compte à trois de ses amies, dont au moins une a aussi quitté l'Arabie saoudite pour l'Australie. De plus, elle a affirmé craindre d'être emprisonnée si elle retourne en Arabie saoudite: "Je suis sûre à 100% qu'ils me tueront dès ma sortie d'une prison saoudienne". L'immigration thaïlandaise assure de son côté qu'elle tentait d'échapper à un mariage arrangé. "Si elle était forcée à rentrer dans son pays, les conséquences pourraient être dramatiques", a souligné le représentant de Human Rights Watch, estimant qu'elle était en train de devenir " un symbole de résistance ". La jeune femme voulait échapper à un mariage forcé, selon HRW.

L'Australie a annoncé le 8 janvier qu'elle "évaluerait avec soin" la demande d'asile de la jeune fille, qui s'opposait à tout retour en Arabie saoudite. Elles sont notamment soumises à la tutelle d'un homme (père, mari ou autre suivant le cas) qui exerce sur elles une autorité arbitraire et prend à sa place les décisions importantes.

Une femme qui est jugée avoir commis un crime "moral" peut être punie violemment par sa famille, y compris être tuée dans ce qu'on appelle un "crime d'honneur".

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