Tentative de coup d'Etat au Gabon: la situation est "sous contrôle"

08 Janvier, 2019, 20:11 | Auteur: Lynn Cook
  • Gabon: des militaires appellent à un soulèvement à la radio d'Etat

D'après l'AFP, l'organisaton "condamne fermement" la tentative de coup d'Etat au Gabon. Bongo Jr a beau annoncer alors son prochain retour au pays, tout indique qu'il ne recouvrera pas de sitôt ses facultés physiques et intellectuelles. Le chef du commando a été arrêté et deux membres tués.

Fin de parcours pour Kelly Ondo Obiang, le principal protagoniste de la tentative avortée de coup d'État du 7 janvier à Libreville, Gabon. L'homme qui serait à l'initiative de l'opération serait le "commandant adjoint de la compagnie d'honneur de la garde républicaine", selon DW Afrique. Il s'est dit président d'un Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS), jusque-là inconnu.

Trois militaires, coiffés des bérets verts de la GR et dont deux tenaient un fusil d'assaut, étaient visibles sur une vidéo de leur prise de parole circulant sur les réseaux sociaux et authentifiée par l'AFP.

Quelques heures plus tard, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Guy-Bertrand Mapangou, a annoncé que le calme était "revenu" et la situation "sous contrôle".

Il a invité "tous les hommes du rang et les sous-officiers" à se procurer "armes et munitions" et à "prendre le contrôle" des points stratégiques dans tout le pays comme les édifices publics et les aéroports.

"Si vous mangez, arrêtez; si vous prenez un verre, arrêtez; si vous dormez, réveillez-vous". Et d'ajouter: "Nous ne pouvons abandonner la patrie". Le lieutenant Kelly Ondo Obiang a été retrouvé par les forces de sécurité dans une résidence située non loin de la maison de la radio, caché sous un lit. Un appel auquel peu de Gabonais ont répondu.

Des policiers patrouillent aux abords de l'immeuble de la Radiodiffusion télévision gabonaise.

Dans ce quartier populaire proche de la radio-télévision, des dizaines de jeunes ont incendié une voiture et enflammé des pneus. Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser.

" C'est des petits qui veulent mettre le désordre, rien de plus", a déclaré un membre des forces de sécurité.

Profitant de cette absence du chef de l'Etat qui a nourri un débat sur une possible vacance du pouvoir, le "Conseil national de restauration" a donc tenté de s'emparer du pouvoir, en vain. On a vu comment la présidence de la Cour constitutionnelle a demandé à ce que cela soit le vice-président qui assure le conseil des ministres en l'absence d'Ali Bongo. Le gouvernement ne fait qu'assurer les affaires courantes. Le 31 décembre, il a adressé ses vœux aux Gabonais, mais n'a pas réussi à rassurer sur son état de santé. Il a également évoqué les violences qui ont suivi l'élection présidentielle de 2016.

Ce putsch mal préparé intervient alors que se prolonge la crise politique déclenchée par l'accident vasculaire cérébral du président Ali Bongo, survenu en Arabie saoudite en octobre 2018. Gouverné pendant des décennies par Omar Bongo, qui y a instauré dès 1968 un régime à parti unique, le Gabon n'a pas connu d'élections multipartites avant 1993.

Le président a succédé en 2009 à son père Omar, à la mort de ce dernier, et a été réélu en 2016.

C'est la deuxième tentative de coup d'État de l'histoire du Gabon après celle du 17 au 18 février 1964.

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