Soutiens appuyés de Salvini et di Maio, leaders populistes italiens — "Gilets jaunes"

08 Janvier, 2019, 15:14 | Auteur: Lynn Cook
  • Luigi Di Maio et Matteo Salvini à Rome le 1er juin 2018. REUTERS  Remo Casilli

Le vice-Premier ministre Luigi Di Maio a écrit sur son blog du parti " Five Star Movement " que les manifestants " gilets jaunes " ne devraient pas assouplir leur position. Une nouvelle manœuvre diplomatique, juste avant les élections européennes. Le premier a appelé Emmanuel Macron à quitter le pouvoir quand le second a proposé une boite à outils aux Gilets jaunes pour structurer leur mouvement.

Les deux chefs politiques du gouvernement populiste italien ont affirmé leur soutien aux Gilets jaunes français ce lundi. "Nous connaissons l'esprit qui vous anime et les raisons qui vous poussent à prendre la rue", abonde le vice-Premier ministre dans un exercice diplomatique inédit: soutenir un mouvement d'opposition à un gouvernement voisin. "Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple ", a-t-il affirmé ajoutant toutefois condamner avec une " totale fermeté " la violence des dernières manifestations. "Rousseau" est une plate-forme interactive sur internet qui permet à tout inscrit au M5S de participer à l'élaboration des programmes et de propositions de lois, mais aussi au choix des candidats pour les élections locales ou nationales. La maire de Rome, Virgina Raggi avait remporté l'élection municipale en 2016 après avoir été sélectionnée via internet par les militants lors d'une finale entre une dizaine de candidats, tous inconnus du grand public.

"Rousseau" est toutefois critiqué en Italie pour son manque de transparence et pour le contrôle exercé par une société créée par l'un des fondateurs du M5S, Roberto Casaleggio, théoricien de la démocratie directe et pourfendeur de la démocratie représentative.

Mais c'est Luigi Di Maio, dont le mouvement issu des "Vaffanculo Day " (journée va te faire foutre) de Beppe Grillo prône une forme de démocratie directe, qui s'est montré le plus enthousiaste.

A Rome, le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, a décoché une flèche contre Emmanuel Macron, et plus globalement contre sa politique, qu'il juge éloignée des préoccupations des Français. "Comme d'autres gouvernements, celui en France pense surtout à représenter les intérêts des élites, ceux qui vivent de privilèges, mais plus de ceux du peuple", écrit aussi le chef de file du M5S.

À l'instar du M5S, il réclame davantage de démocratie directe en revendiquant par exemple l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC).

Les partis d'extrême gauche Potere al Popolo et néo-fascistes Casa Pound apportent en revanche sans retenue leur soutien aux gilets jaunes.

Luigi Di Maio est allé jusqu'à proposer aux gilets jaunes l'aide de son mouvement, notamment sur internet, pour aider les contestataires français à organiser leurs événements et définir leur programme électoral. "C'est une dure bataille que nous pouvons mener ensemble", conclut le vice-président du Conseil des ministres italien, qui a déjà lancé la campagne du M5S pour les élections européennes prévues en mai.

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