La taxe d'habitation maintenue pour les plus riches?

07 Janvier, 2019, 15:38 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le ministre des Finances Bruno Le Maire donne une conférence de presse à Paris le 8 janvier 2019

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est dit ouvert dimanche au débat sur certaines mesures qui n'ont pas encore été mises en place, telle que la suppression de la taxe d'habitation pour les 20 % des ménages les plus aisés. Nous avons engagé la suppression de la taxe d'habitation, il est essentiel qu'elle soit aboutie (.), mais on peut très bien demander aux Français 'est-ce que vous estimez que, pour les 20% les plus riches, il est légitime ou non de supprimer la taxe d'habitation' (.). Il a donc ouvert la porte à ce qu'une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la disparition totale de la taxe d'habitation d'ici 2020, soit brisée.

"J'ai dit (qu'elle coûtera) 0,1 point de croissance pour le dernier trimestre, ce sera sans doute 0,1 point", a-t-il déclaré dans l'émission Le Grand Rendez-vous organisée par la radio Europe 1, la chaîne CNews et le quotidien Les Echos.

Le Maire a affirmé qu'il ne voulait pas de retour en arrière. "Si nous répondons non à chacune des demandes des Français, si nous ne sommes pas capables d'écouter la demande de justice qui s'exprime partout en France, nous ne réussirons pas le débat", a ainsi justifié Bruno Le Maire, à l'approche de la consultation nationale lancée par l'exécutif en réponse aux "gilets jaunes".

Mais pour éviter de voir sa réforme retoquée par le Conseil constitutionnel, attaché au principe d'"égalité devant l'impôt", le chef de l'Etat a finalement annoncé fin 2017 l'extension de cette mesure à l'ensemble des Français. Une décision qui a néanmoins un coût: 8,5 milliards d'euros en plus des 10 milliards d'euros déjà prévus.

Le maintien de la taxe d'habitation pour les plus riches pourra-t-il s'articuler avec les exigences du Conseil constitutionnel?

Que faire? La possibilité de maintenir la taxe d'habitation pour les 20 % de ménages les plus aisés " est sur la table ", a indiqué ce lundi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, rejetant l'argument de rupture d'égalité devant l'impôt.

Selon le porte-parole du gouvernement, "c'est une question de droit" et "ce sera tranché dans le cadre d'un débat au Parlement". Car "si on ferme toutes les portes à toutes les réflexions qu'on peut avoir, alors on ferme le grand débat", a estimé Stanislas Guerini. "Une chose est sûre, c'est que cela a été mal préparé", a ajouté sur Facebook l'ancien député socialiste.

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