Un shutdown de plusieurs années? Trump est prêt | Africa Guinee — USA

06 Janvier, 2019, 15:10 | Auteur: Lynn Cook
  • Donald Trump à la Maison-Blanche le 2 janvier 2019

Si Donald Trump a évoqué des discussions "très très productives", les responsables démocrates venus à sa rencontre à la Maison Blanche ont donné un compte-rendu de l'entrevue nettement moins optimiste.

"Ne perdons pas de temps (.) alors que les démocrates de la Chambre utilisent leur estrade pour faire des déclarations politiques plutôt que proposer des solutions sérieuses", a-t-il dit.

Mais la Maison-Blanche a par avance rejeté ces projets de loi, car ils n'incluent pas cinq milliards de dollars pour financer le mur voulu par le président à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l'immigration clandestine.

De nouvelles discussions sont prévues dans les jours à venir. Le président a ensuite assuré qu'il pourrait utiliser son "pouvoir d'urgence" - des mesures exceptionnelles prises dans des situations inédites - afin de construire le mur avec le Mexique.

Depuis jeudi, midi le 116e Congrès américain est officiellement en session: 435 nouveaux élus à la Chambre des représentants, désormais contrôlée par les démocrates, et 100 sénateurs au Sénat, qui reste sous contrôle républicain. Selon ce dernier, le président américain a affirmé être prêt à ce que le "shutdown" dure "pendant très longtemps, des mois, voire des années". "Il s'agit d'une vieille façon de penser", a déclaré jeudi soir Nancy Pelosi après son élection à la présidence de la Chambre des représentants, un poste qu'elle avait déjà occupé entre 2007 et 2011.

"Quelqu'un a-t-il encore des doutes sur notre position? Nous ne construirons pas de mur!", avait ajouté lors de sa première conférence de presse l'élue de Californie, désormais troisième personnage de l'Etat.

La paralysie administrative pourrait durer des années, à en croire Donal Trump.

Les démocrates lâcheront-ils du lest?

Ces derniers jours, les rencontres se sont multipliées pour dénouer l'impasse qui provoque une paralysie partielle du gouvernement fédéral américain.

Entre-temps, la justice a été saisie par les défenseurs de Daca.et le programme est dans les limbes. L'un des textes assurerait jusqu'au 30 septembre les budgets de la plupart des administrations fédérales frappées par le " shutdown ", tandis que l'autre ne financerait que jusqu'au 8 février le budget sensible de la Sécurité intérieure, afin de trouver d'ici là un compromis sur la frontière. Le président américain a cependant laissé entendre que ces discussions n'étaient pas à l'ordre du jour.

Républicains et démocrates sont conscients que ce bras de fer budgétaire est aussi un test du rapport de force qui s'établira pour la deuxième partie de mandat de Donald Trump, qui a clairement affiché son intention de se représenter en 2020. "La Maison Blanche craint que des défections républicaines aident les démocrates à obtenir un accord bipartisan", explique le journal, qui rappelle que 800000 employés fédéraux sont privés de salaire en attendant que la situation se débloque.

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d'investigation, notamment ceux d'assigner les témoins à comparaître et d'ordonner la présentation de documents.

Et certains jeunes élus évoquent ouvertement la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment".

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