Ford pourrait être exclu des marchés publics

21 Décembre, 2018, 14:24 | Auteur: Aubrey Nash
  • Ford Blanquefort : Bruno Le Maire n'écarte pas un rachat provisoire du site par l'Etat français

" Je suis prêt aux solutions les plus originales pour garantir qu'un site industriel performant, qui a un repreneur de qualité et des salariés qui sont totalement engagés, puisse survivre", a affirmé le ministre, sans donner plus de détails sur les solutions envisagées pour racheter un site que Ford ne souhaite pas revendre. Bruno Le Maire n'a pas écarté un rachat provisoire de l'usine de Blanquefort en Gironde par l'État, ce mercredi 19 décembre.

Le groupe automobile américain Ford a rejeté la semaine dernière une offre de reprise, soutenue par le gouvernement, du site de Blanquefort par le groupe franco-belge Punch Powerglide.

Bruno Le Maire dit avoir saisi l'occasion pour lui adresser une mise en garde, assurant que le constructeur risquait de "perdre beaucoup en termes de réputation" et affirmant que "la partie n'était pas finie (...) le site n'est pas condamné". "Pour Blanquefort, croyez-moi, je n'ai pas encore baissé les bras", a-t-il prévenu". "L'État a déjà tant donné en subventions qu'il est quelque part légitime" d'envisager un tel rachat, a réagi Philippe Poutou, délégué CGT interrogé à Bordeaux.

Le plan de Punch, déjà repreneur de l'usine de boîtes de vitesse de General Motors à Strasbourg en 2013, prévoyait notamment de sauver 400 emplois, le reclassement de 100 à 150 salariés dans l'usine Getrag voisine de FAI, dont Ford est co-actionnaire et client unique, et des départs volontaires en pré-retraite de 300 à 350 autres. Le président Emmanuel Macron l'avait par la suite qualifié d'"hostile et inacceptable".

Ford avait alors proposé un plan social pour cette usine qui compte 850 salariés, pour un arrêt de la production prévu fin août 2019.

Une annonce qui a mis les élus locaux et une majorité de salariés en colère, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire se disant "révolté" par cette décision, d'autant que l'État et les collectivités locales étaient prêtes à mettre la main à la poche à hauteur d'environ 16 millions d'euros. "Le CE de FAI considère que le projet de fermeture de la société n'a pas de fondement économique, au regard des profits substantiels réalisés par Ford depuis de nombreuses années (.)", selon l'avis du CE.

Ford Motor Company (FMC) a rappelé le 18 décembre dans un communiqué que sa priorité avait été "de trouver un repreneur fiable". Le plan social doit désormais être examiné pour validation ou pas par la Dirrecte, "à partir du 21 décembre, et ce dans un délai de 21 jours", a précisé le secrétaire adjoint du CE. Discutons dès maintenant de ce que l'Etat ferait dans ces cas de figure...

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