Une prime de 300 euros pour calmer la colère des policiers ?

20 Décembre, 2018, 17:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Des policiers face à des

Mardi, elles avaient été interrompues au bout de trois heures, même si l'Assemblée nationale avait fini par voter dans la nuit un amendement, allouant une prime de 300 euros pour les 111.000 policiers et gendarmes présents lors des manifestations des Gilets jaunes, dans le cadre du projet de loi de finances 2019. Mercredi soir, les trois principaux syndicats policiers (Alliance, Unité-SGP-FO et UNSA police) se sont de nouveau retrouvés, place Beauvau, pour discuter gros sous avec le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et le secrétaire d'État, Laurent Nunez.

Lancé lundi par Alliance, rejoint depuis par Unité, le mot d'ordre "fermons les commissariats " est maintenu pour mercredi, a précisé Jean-Claude Delage. Avec un socle commun qui contient pour l'instant deux revendications: l'augmentation des effectifs dans les compagnies républicaines de sécurité (CRS) et le très délicat paiement d'un stock de 23 millions d'heures supplémentaires.

Les discussions entre Christophe Castaner et les syndicats policiers qui réclament de meilleures conditions de vie et de travail ont par ailleurs été suspendues mardi soir et reprendront ce mercredi.

En parallèle, l'exécutif a réaffirmé mercredi sa volonté de payer les 274 millions d'euros dus aux policiers au titre des heures supplémentaires accumulées depuis de nombreuses années. Les syndicats de police mettent en garde le gouvernement: l'épuisement et le ras-le-bol gagnent les rangs, des actions de protestation démarrent, prévues ces mardi et mercredi. "Je ne crois pas que les policiers soient 'gilets jaunes'", avait estimé le ministre.

Christophe Castaner reçoit les syndicats de police le 18 décembre 2018 à Beauvau
Christophe Castaner reçoit les syndicats de police le 18 décembre 2018

La journée noire des policiers n'aura pas duré aussi longtemps que le mouvement des gilets jaunes. Cette mesure, à laquelle s'ajoute une prime de 200 euros pour les personnels des préfectures, concernerait 110.000 fonctionnaires pour un coût total d'environ 33 millions d'euros. "C'est un chantier que je veux ouvrir". "Les policiers sont conviés à rester dans les services et à ne répondre qu'aux appels d'urgence", explique-t-il.

Depuis une petite semaine, les syndicats font monter la pression sur le gouvernement après un mois éreintant où les forces de l'ordre ont dû gérer la mobilisation des "gilets jaunes" mais aussi une menace terroriste revenue brutalement sur le devant de l'actualité avec l'attentat de Strasbourg, qui a fait cinq morts.

Le ministre s'était alors voulu rassurant, affirmant que les policiers n'étaient pas des "gilets jaunes" et qu'ils ne bloqueraient pas les commissariats "parce qu'ils ont le sens du service public".

En marge des syndicats, un mouvement baptisé "gyros bleus " et relayé sur les réseaux sociaux par des policiers en colère agite le souvenir du mouvement de fronde inédit qui a surgi à l'automne 2016 au sein de la base policière, après l'attaque au cocktail Molotov dont ont été victimes des fonctionnaires à Viry-Châtillon (Essonne). "Mal-être", "perte de sens": un rapport parlementaire avait déjà dressé en juillet un tableau très sombre de l'état des forces de l'ordre françaises.

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