L'exécutif renonce à une partie des premières mesures annoncées — "Gilets jaunes"

20 Décembre, 2018, 03:12 | Auteur: Lynn Cook
  • Le Premier ministre Edouard Philippe devant le Sénat le 6 décembre 2018 à Paris

Selon Matignon, certaines mesures ne s'imposant plus en raison de l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant, allaient être abandonnées. Exit donc des mesures presque oubliées comme l'extension du chèque énergie, le relèvement du barème kilométrique ou le doublement de la prime à la conversion pour les automobilistes roulant le plus.

L'économie totale envisagée pour les finances publiques s'élevait à 130 millions d'euros sur les 500 millions au total que devaient coûter ces premières mesures, desquelles il n'avait pas été envisagé de retirer la hausse de 50 euros en moyenne du chèque énergie au 1er janvier pour les bénéficiaires actuels (environ 3,6 millions de foyers), ainsi que la "surprime" à la conversion des voitures pour les foyers modestes.

Le gouvernement rétropédale. Alors que l'exécutif avait annoncé, ce mardi après-midi, qu'il souhaitait renoncer à une partie des mesures annoncées par Edouard Philippe mi-novembre, ces dernières seront finalement maintenues, a annoncé l'entourage du Premier ministre, Edouard Philippe, arguant une " discussion avec les parlementaires de la majorité ".

Matignon assure que le prochain "grand débat national" sera l'occasion à écouter "l'avis des Français sur les dispositifs d'accompagnement à la transition énergétique, pour les améliorer et les rendre plus efficaces". "On a vu que nous ne serions pas compris, que la décision envoyait le mauvais message", explique un proche d'Edouard Philippe, y voyant un signe que l'exécutif "apprend de ses erreurs". Le député Matthieu Orphelin a beau faire partie de la majorité, il n'hésite pas à critiquer publiquement les choix du gouvernement quand ils se font à l'encontre de la Transition écologique. "Et inaudible et incompréhensible dans la situation actuelle", avait-il twitté. Sans parler de la forme.

Quelques internautes ont qualifié cette volte-face du gouvernement de "quelque chose de trop intelligent, trop technique, trop subtil", en citant Gilles Le Gendre, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, qui s'était ainsi prononcé sur les mesures en faveur du pouvoir d'achat. Et d'ajouter: "C'est très bien que le dialogue entre le gouvernement et les parlementaires de la majorité soit fructueux". Les crédits prévus pour cette prime à la conversion "ne seront pas diminués".

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