Le Sénat américain demande la fin du soutien militaire à Ryad — Yémen

17 Décembre, 2018, 14:27 | Auteur: Lynn Cook
  • Une enquête internationale sur le meurtre de Jamal Khashoggi s’impose

Les sénateurs américains ont asséné jeudi un dur camouflet au président Donald Trump en approuvant une résolution qui interdit tout soutien militaire à l'Arabie saoudite dans la guerre au Yémen. "Nous étudions les permis d'exportation pour voir s'il est possible de ne plus exporter ces véhicules vers l'Arabie Saoudite".

"Si le royaume d'Arabie saoudite réaffirme son engagement à continuer à renforcer ses relations avec les États-Unis d'Amérique, il exprime également son inquiétude concernant les positions exprimées par les membres d'une instance législative honorable d'un État allié et ami", a ajouté le ministère dans cette longue déclaration.

Approuvées grâce aux votes de sénateurs démocrates et républicains, ces deux résolutions distinctes n'iront pas plus loin que le Sénat pour l'instant.

Cette résolution appelle le président américain à "retirer les forces armées américaines des hostilités au Yémen ou affectant le Yémen, sauf les forces américaines engagées dans des opérations visant Al-Qaïda ou des forces associées", sous trente jours après l'adoption de cette résolution conjointe. Le fond, c'est le Meurtre du Journaliste Jamal Khashoggi, pour le Sénat, dans un deuxième Vote directement le Prince héritier saoudien Mohammed bin Salman était responsable. Les autorités saoudiennes ont rejeté une demande d'extradition turque des suspects, parmi lesquels deux proches du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Ce vote, même s'il se limite à celui des sénateurs, car ne devant pas être refait pour le moment à la Chambre des représentants, constitue un véritable revers politique pour M. Trump, qui s'entête à soutenir le prince héritier, alors que les conclusions de la CIA sur l'affaire Khashoggi mènent vers la culpabilité de MBS. Elles ne devraient garder qu'une portée symbolique, car d'une part elles ne devraient pas être débattues à la Chambre des représentants, au moins jusqu'à l'investiture des nouveaux parlementaires en janvier, et d'autre part le président devrait les ignorer.

"Il s'agit de la rupture la plus importante affichée par le Congrès avec l'Arabie Saoudite depuis des décennies et la réponse la plus ferme de Capitol Hill depuis le meurtre de Khashoggi", notent les correspondants de la chaîne américaine CNN, à Washington.

L'affaire Kashoggi a terni la réputation de l'Arabie Saoudite. D. R.

"Il est absolument essentiel d'avoir une enquête crédible et une punition pour ceux qui en sont coupables", a déclaré M. Guterres lors d'une conférence de presse en marge d'une conférence à Doha ("Doha Forum"). Ryad est à la tête d'une coalition internationale qui soutient les forces progouvernementales contre les rebelles Houthis.

Jeudi, l'ONU a obtenu une trêve dans plusieurs régions dévastées du Yémen, à l'issue de consultations de paix en Suède qui ont permis un accord âprement négocié entre belligérants.

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