Un comité d'experts donne son "feu vert" — Cannabis thérapeutique

14 Décembre, 2018, 13:45 | Auteur: Jonathan Ford
  • Un comité d’experts ouvre la voie à l’utilisation du cannabis thérapeutique en France

Pour exprimer cet avis, le comité d'experts a recueilli les témoignages et points de vue des représentants de professionnels de santé et des patients sur l'utilisation du cannabis à visée thérapeutique.

Le cannabis servirait à soulager des douleurs "réfractaires aux thérapies accessibles", pour le traitement de certaines formes d'épilepsie sévères, pour des patients soignés pour un cancer ou dans le cadre de soins palliatifs, plaident les experts dans un avis rendu public jeudi.

Beaucoup reste à faire: il faut encadrer la mise sur le marché et le suivi des patients.

Un comité d’experts ouvre la voie à l’utilisation du cannabis thérapeutique en France
Toulouse. Un comité d'experts français en faveur de l'usage du cannabis à visée thérapeutique

Une trentaine de pays dans le monde dont de nombreux états américains et le Canada autorisent le cannabis thérapeutique, dont 21 de l'Union européenne ainsi que la Suisse, la Norvège, Israël et la Turquie. En 2014, le Sativex, en a bénéficié mais n'a jamais été commercialisé, faute d'un accord sur son prix, jugé trop élevé. Il ajoute qu'il "souhaite, pour que l'ensemble de ces propositions soient appliquées, qu'une évolution de la législation soit mise en œuvre", tout en considérant, néanmoins, que les risques pour la santé existent.

D'autres médicaments comme le Marinol sont accessibles uniquement avec une autorisation temporaire nominative, ce qui en restreint considérablement l'usage. Les patients français qui sont soulagés par le cannabis thérapeutique sont jusqu'à présent contraints de se fournir sur le marché illégal, sans garantie sur la qualité des produits, ou d'aller dans des pays où le cannabis médical est autorisé comme la Suisse. Ainsi, il demande "qu'un suivi des patients traités soit mis en place sous forme d'un registre national pour assurer une évaluation de son bénéfice/risque", mais aussi "qu'une évaluation des effets indésirables soit régulièrement faite par les réseaux de pharmacovigilance et d'addictovigilance" et "que la recherche soit favorisée". D'autres voies d'administration vont être étudiées, comme les sprays, l'inhalation, les gélules, les gouttes, les suppositoires, les huiles, la voie sublinguale ou encore les patchs. Il faudra donc que la décision politique porte également sur son remboursement par l'Assurance maladie et dans quelles proportions.

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