Carlos Ghosn reste PDG de Renault qui juge conforme sa rémunération française

13 Décembre, 2018, 20:12 | Auteur: Aubrey Nash
  • Carlos Ghosn a été arrêté à Tokyo le 19 novembre

En novembre dernier, Yomuri, le quotidien le plus lu au Japon, avait cité des sources anonymes selon lesquelles l'enquête interne de Nissan avait révélé que Carlos Ghosn avait ordonné depuis 2002 à la société de verser quelque 100.000 dollars par an à sa sœur aînée, pour un supposé rôle de consultant.

Le groupe avait opté à la place pour une direction intérimaire partagée entre Philippe Lagayette, président du conseil d'administration, et Thierry Bolloré, directeur général adjoint promu aux mêmes fonctions exécutives que Carlos Ghosn.

Carlos Ghosn, arrêté fin novembre en raison d'accusations de malversations financières, a été inculpé lundi au Japon pour avoir minoré de près de moitié entre 2010 et 2015 ses revenus chez Nissan, dont il était alors président.

En parallèle, la justice brésilienne a accordé le 12 décembre à Carlos Ghosn et à sa fille le droit de se rendre dans un appartement situé à Rio de Janeiro pour y récupérer des affaires personnelles, contre l'avis de Nissan, montre un document judiciaire que Reuters a pu consulter.

Les administrateurs de Renault ont par ailleurs été informés jeudi des éléments à charge contre M. Ghosn, fournis cette semaine par les avocats de Nissan, présents à Paris.

Le dossier ne leur a pas été transmis directement, mais a fait l'objet d'une "restitution" par les avocats de Renault d'une présentation qui leur a été faite par les avocats de Nissan.

Selon le communiqué, "le conseil d'administration a demandé aux avocats de Renault de poursuivre leur revue et analyse des informations fournies, en lien avec les avocats de Nissan, et de leur faire rapidement un nouveau point sur la situation".

Signe des tensions et désaccords au sein de l'alliance franco-japonaise, une source proche de Nissan avait laissé entendre jeudi qu'elle s'attendait à ce que le conseil d'administration de Renault limoge Carlos Ghosn. Le constructeur dit ne pas avoir ouvert ces coffres mais soupçonne qu'ils contiennent des preuves susceptibles d'incriminer l'ancien dirigeant de l'alliance Renault-Nissan.

Au Japon, M. Ghosn a en revanche été démis de ses fonctions de président des conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi. Selon une source de Reuters, l'industriel français aurait formulé cette demande car de tels contacts n'entrent pas dans les canaux de communication prévus pour les procédures sensibles.

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