Brexit: Juncker exclut toute renégociation de l'accord

12 Décembre, 2018, 17:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Brexit: Juncker exclut toute renégociation de l'accord

"Cela signifierait", a-t-elle déclaré dans le Mail on Sunday, " une grave incertitude pour le pays, avec un risque très réel de ne pas avoir de Brexit, ou de quitter l'Union européenne sans accord ".

Il s'agit d'un arrangement trouvé pour éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, qui consiste à créer un "territoire douanier unique", englobant l'UE et le Royaume-Uni, au sein duquel il n'y aurait aucun quota ni droits de douane pour les biens industriels et agricoles.

Le texte déçoit tant les plus fervents " Brexiters", qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l'UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a pour sa part confirmé lundi la convocation d'un sommet consacré au Brexit jeudi à Bruxelles, au premier jour du sommet européen pour répondre aux préoccupations des Britanniques sur l'accord de divorce.

Jusqu'ici, les dirigeants européens se sont montrés inflexibles, rejetant l'idée de rouvrir les discussions. L'accord conclu fin novembre est "le meilleur qui soit et le seul possible", a insisté lundi la porte-parole adjointe de l'institution, Mina Andreeva.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a exprimé une position similaire en déclarant ne pas voir "ce qui pouvait être changé " au texte obtenu à l'arraché le mois dernier après un an et demi de négociations laborieuses et ardues.

Ces turbulences politiques ont pesé sur la livre sterling qui est tombée à 1,2505 dollar en cours de séance, soit son plus bas niveau depuis avril 2017.

Une réouverture des négociations ne serait pas non plus sans risque pour Londres et pourrait raviver les revendications d'autres pays européens, a prévenu de son côté Michael Gove.

Pour Constantine Fraser, expert en politique européenne chez TS Lombard "la principale raison (de retarder le vote), ce serait pour faire une dernière tentative de retourner à Bruxelles et d'essayer d'obtenir d'autres concessions, même symboliques, pour donner à ses députés qui hésitent encore une excuse pour voter cet accord". Selon les analystes, cette courte fenêtre en décembre signifie que le vote devra être renvoyé au mois de janvier. Si le traité n'a pas été ratifié à cette date, le Parlement votera sur les prochaines étapes du processus de divorce, en fonction des propositions formulées par le gouvernement.

Il a une nouvelle fois mis en garde sur les conséquences qu'auraient un rejet du texte et un Brexit sans accord. Une situation qui entretient l'incertitude et pousse à prendre en compte plusieurs scénarios possibles pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, toujours prévue le 29 mars.

Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition, est pressé par des députés de son parti et d'autres partis d'opposition de déclencher une motion de défiance, pour renverser le gouvernement, ce qu'il écarte pour le moment.

Des élections. Le rejet de l'accord pourrait signer la fin de Theresa May.

Ce maintien dans le club européen pourrait découler d'un nouveau référendum sur l'UE, une hypothèse exclue à ce stade par le gouvernement, mais qui gagne du terrain parmi les Britanniques.

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