Macron réoriente sa politique vers le pouvoir d'achat — Gilets jaunes

10 Décembre, 2018, 23:52 | Auteur: Sue Barrett
  • Macron réoriente sa politique vers le pouvoir d'achat — Gilets jaunes

Face à ce qu'il a appelé "l'état d'urgence économique et sociale", le chef de l'Etat a présenté plusieurs mesures.

Salaire minimum: il "augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur", a annoncé le chef de l'État. Il entend aussi revenir sur la façon dont l'Etat est organisé, ainsi que sur la question de l'immigration dans "un débat sans précédent". Un coup de pouce inattendu, tant le gouvernement martelait ces derniers jours qu'il n'y aurait pas de coup de pouce au Smic.

- La hausse de la CSG sera annulée pour les retraités touchant moins de 2 000 euros par mois dès 2019. Mais elle laissait de côté une majeure partie des retraités qui ne bénéficiaient pas, en contrepartie, de la suppression des cotisations. Jusque-là, seuls les retraités gagnant moins de 1.200 euros environ étaient exemptés.

- Les employeurs qui le peuvent sont invités à verser une prime de fin d'année à leurs employés. "Les plus riches partaient et le niveau de vie faiblissait", a-t-il justifié. Les députés socialistes, Insoumis et communistes, pourraient décider de déposer une motion de censure contre le gouvernement en fonction des annonces du président, a précisé Boris Vallaud, député PS des Landes. "Je n'oublie pas qu'il y a une colère et une indignation". Évoquant "40 années de malaise qui resurgissent" aujourd'hui, le chef de l'État a qualifié de "juste à bien des égards" la colère qui anime les "gilets jaunes". "(...) Sans doute n'avons-nous pas su en un an et demi lui apporter une réponse suffisamment rapide et forte", a-t-il avoué.

Les regards sont désormais braqués sur Emmanuel Macron, toujours à la recherche d'une sortie politique à cet engrenage de révolte qui n'a aucune raison de s'arrêter de lui-même. "Je prends ma part de cette responsabilité", a concédé le président de la République.

Il a de nouveau esquissé un mea culpa sur son attitude, en reconnaissant qu'il lui était "arrivé de blesser certains d'entre vous par mes propos".

"Je vais être très sincère, je n'ai pas été déçu", a ainsi déclaré le député LR Guillaume Pelletier, en saluant des mesures "pour la France moyenne". "Ma légitimité, je ne la tire que de vous, de nul autre", a lancé le président. Nous sommes au "rendez-vous de notre pays et de notre avenir", a statué le président de la République.

Une figure des " gilets jaunes " en région parisienne, Laetitia Dewalle, a ainsi estimé que le mouvement avait " peu d'espoir " de voir le président annoncer des " mesures fortes et concrètes " et qu'il se préparait déjà à une nouvelle mobilisation samedi. "Chacun aura sa part", a assuré Emmanuel Macron: les institutions représentatives, les syndicats, le patronat, les associations et évidemment les citoyens. "Le plus important pour le président, c'est après avoir blessé, humilié, montré une forme de mépris pour le peuple, d'être capable de s'excuser". "L'acte V du début de la révolution citoyenne dans notre pays sera un moment de grande mobilisation", selon lui.

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