Fin de partie pour l'Aquarius — Secours aux migrants

08 Décembre, 2018, 03:25 | Auteur: Lynn Cook
  • L’Aquarius en rade MSF et SIS Méditerranée laissent tomber les sauvetages

MSF et SOS Méditerranée ont annoncé jeudi 6 décembre "mettre un terme" aux activités de l'Aquarius, avoue Frédéric Penard, le directeur des opérations chez SOS Méditerranée. Récemment, le parquet de Catane avait demandé sa saisie préventive dans le cadre d'une enquête sur le traitement des déchets déchargés par l'Aquarius dans différents ports italiens à la suite de ses opérations de sauvetage.

L'association pourrait à cette occasion lancer un appel à l'aide aux Français: "Sauver des vies en mer est et restera notre mission et, aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin du soutien de tous les citoyens qui croient encore en nos valeurs d'humanité en mer et désirent concourir à nos efforts pour trouver un nouveau navire et un nouveau pavillon".

"Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer".

SOS Méditerranée a annoncé hier soir la fin de l'affrètement de l'Aquarius, navire avec lequel - aux côtés de Médecins Sans Frontières -, l'ONG se portait aux secours des migrants en mer Méditerranée.

"C'est un jour sombre", a pour sa part déploré dans un communiqué distinct Nelke Mander, directrice générale de Médecins sans frontières, pour qui "la fin de nos opérations à bord de l'Aquarius signifie davantage de morts en mer". La semaine dernière Berne lui avait refusé le pavillon suisse malgré une pétition citoyenne. En 34 mois, l'Aquarius avait sauvé plus de 30.000 personnes. A ce titre, il a vu les obstacles se multiplier quand l'Italie, sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, a fermé ses ports cet été aux navires humanitaires. Plusieurs autres opérations de sauvetage en mer avaient déclenché des psychodrames diplomatiques similaires au cours de l'été, forçant une poignée d'Etats européens à improviser pour se répartir les réfugiés, et à réfléchir à un mécanisme plus pérenne. Des accusations " disproportionnées et infondées ", selon SOS Méditerranée.

MSF a assuré qu'"aussi longtemps que des gens souffriront en Libye", elle "cherchera des moyens de leur porter secours".

"Les attaques répétées et ciblées contre les organisations humanitaires, qui viennent s'ajouter à la négligence criminelle des Etats membres de l'UE qui ne respectent en aucun cas leurs obligations maritimes et internationales, entraînent des risques croissants pour les personnes en détresse en mer", s'indigne Sophie Beau, directrice de SOS Méditerranée France, dans le communiqué de l'organisation.

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