Pacte sur les migrations: l'ONU "très confiante" malgré les attaques

07 Décembre, 2018, 22:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Nouvelle attaque des États-Unis contre le Pacte sur les migrations de l'ONU

"Mercredi, Les Républicains ont d'ailleurs demandé au gouvernement d'organiser un débat au Parlement sur ce sujet".

Ce pacte surnommé aussi " Pacte de Marrakech", du nom de la ville du Maroc où il doit être signé par la quasi-intégralité des pays du monde, " considère tous les aspects globaux, les raisons pour lesquelles les gens décident de traverser les frontières, en cohérence avec la souveraineté des Etats et leur interdépendance", explique Louise Arbour, la représentante spéciale de l'ONU pour les migrations. Mais depuis, les retraits ou reports de décision s'accumulent, jetant une ombre sur le sommet à venir.

Au total, 23 propositions sont énoncées pour aider les pays signataires à faire face aux migrations.

Le Pacte s'inspire également d'une logique de coopération dont on voit bien qu'elle est la seule possible face à un problème durable et mondial qu'il traite en outre utilement et pour la première fois dans ses différentes dimensions économiques, sociales, humaines, etc., invitant par exemple la communauté internationale à agir pour garantir à chacun la possibilité de disposer dans son pays de moyens de santé, d'éducation ou de travail suffisants, afin de ne pas être obligé de s'expatrier pour les trouver ailleurs.

Nations unies | Le Pacte mondial sur les migrations vise pour les Nations unies "à faire progresser la gouvernance mondiale aux dépens du droit souverain des États à gérer leur système d'immigration", ont dénoncé vendredi les États-Unis dans un communiqué virulent. "C'est un texte qui cadre et dit que les Etats se fixent des objectifs", explique Serge Slama, professeur de droit à l'université de Grenoble-Alpes (est).

La France, qui sera représentée par son secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne, a "insisté, avec succès, en faveur d'une coopération internationale renforcée" pour obtenir notamment "des pays d'origine, une plus grande coopération sur la prévention des départs et sur la réadmission des migrants irréguliers", indique une source diplomatique.

A gauche, où les partis sont très discrets, l'eurodéputée socialiste Christine Revault d'Allonnes juge "dangereux et inquiétant" que des pays renoncent à ce texte, d'autant plus qu'il "ne remet pas en cause (leur) souveraineté". A cet effet, les Etats membres s'engageront, à Marrakech, à lancer un "processus de négociations intergouvernementales devant conduire à l'adoption du pacte mondial". Deux figures du mouvement, Eric Drouet et Maxime Nicolle, l'ont évoqué. Lundi, elle déclarait que les Français rencontrés sur les barrages des Gilets jaunes étaient " conscients qu'on ne peut pas accueillir des centaines de milliers de personnes supplémentaires, sans que ça ait une influence sur l'équilibre de nos budgets sociaux et de nos territoires ".

Elle contestera à nouveau le pacte à Bruxelles samedi, à côté de l'ancien stratège de Donald Trump, Steve Bannon.

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