Les conservateurs allemands élisent une fidèle d'Angela Merkel à leur tête

07 Décembre, 2018, 20:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Table ronde d'actualité internationale : Allemagne : bye bye Angela !

Angela Merkel, qui quitte la présidence du parti mais entend rester chancelière jusqu'à la fin de son mandat en 2021, a dressé une longue liste des dangers actuels comme "la remise en cause du multilatéralisme, un repli sur le national, la réduction de la collaboration internationale" et les menaces de "guerre commerciale" - une référence évidente à la politique du président américain Donald Trump.

À 56 ans, cette mère de trois enfants a soutenu la politique de la chancelière dans sa région en accueillant de nombreux migrants, et ce, malgré les divisions internes du parti sur le sujet.

À l'annonce des résultats, la majorité du millier de délégués présent dans un hall de la foire de Hambourg plein à craquer se sont levés, certains scandant AKK! AKK!.

À 38 ans, Jens Spahn est considéré comme trop jeune. Très émue, l'heureuse élue s'est dirigée vers le podium où elle a embrassé Angela Merkel, son mentor.

Angela Merkel a lancé un appel relativement rare dans sa bouche à défendre les valeurs "chrétiennes" et "démocratiques" face à la montée des tendances nationalistes et populistes dans le monde.

Et elle s'est défendue d'être une "Mini-Merkel", l'un de ses sobriquets.

Attaquée sur la droite par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD, extrême droite) et rongée au centre par les Verts, la formation ne récolte plus avec son allié bavarois CSU que 26 à 28 % des intentions de vote dans les sondages. Annegret Kramp-Karrenbauer, placée en février dernier au poste de secrétaire générale de la CDU par Angela Merkel elle-même, symbolise la transition en douceur.

La CDU a plus que jamais besoin d'un nouveau souffle.

À 64 ans, celle qui dirige l'Allemagne depuis 13 ans peut certes former un bon tandem avec AKK jusqu'à 2021, mais d'autres obstacles sont susceptibles d'entraîner son départ anticipé.

Beaucoup ne la voit ainsi pas survivre aux élections européennes de mai 2019, si les partis traditionnels -CDU et SPD- sont de nouveau sanctionnés, ou partir au plus tard à l'automne après des scrutins dans trois Länder (Etats régionaux) de l'est, tous des bastions de l'extrême droite.

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