Images choquantes de l'arrestation de lycéens dans la banlieue parisienne — France

07 Décembre, 2018, 22:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Mantes-la-Jolie ce jeudi matin. Une voiture a été incendiée par des jeunes à l’entrée du Val-Fourré. LP  M.G

Le ministre a précisé que 145 de ces gardes à vue avaient été prolongées, illustrant la "gravité de ce qu'il s'est passé" tout en se félicitant qu'aucun jeune n'ait été blessé lors de cette interpellation de masse qui a créé la polémique. La jeunesse française humiliée. Une voix masculine non identifiée commente la scène: "Voilà une classe qui se tient sage!". Sur une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, on les voit à genoux et les mains sur la tête. Mais le coeur du sujet n'est pas là, il est dans les manipulations qu'on cherche à faire, parce que dans les interventions de certains, il y a évidemment l'envie d'exciter les esprits et d'arriver à ce que la France soit dans un climat insurrectionnel.

Plus de 700 interpellations de lycéens ont été recensées jeudi 6 décembre, à l'issue d'une journée au cours de laquelle environ 280 lycées et collèges en France ont été de nouveau perturbés, dont 45 bloqués, par des élèves. "En les neutralisant, elles les ont mis contre un mur avec les images que l'on voit", a poursuivi le ministre de l'Éducation nationale.

Une vidéo montrant des lycéens agenouillés, mains sur la nuque, après leur interpellation ce jeudi à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, a été postée sur le compte Twitter de l'Observatoire des violences policières ce jeudi.

Un témoin, habitant à proximité et interrogé par Le Monde, raconte l'escalade des tensions depuis mardi, parlant de "jets de pierre sur les forces de l'ordre" et de "feux de barricades". Deux voitures ont été incendiées aux abords du lycée Saint-Exupéry où des heurts ont éclaté avec la police, a, pour sa part, constaté une journaliste de l'AFP.

Les images largement diffusées ne peuvent qu'accroître la crainte des autorités à l'égard des manifestations de samedi à Paris et en province, puisque les lycéens ont depuis peu emboîté le pas aux gilets jaunes. Qu'il n'a plus d'avenir. Le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot, a ainsi déclaré que si la réaction des policiers avait "été proportionnée", il trouvait "lamentable d'avoir filmé et diffusé" ces images.

"Quels que soient les faits reprochés rien ne justifie cette humiliation de mineurs filmée et commentée". Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, était l'invité de la matinale de France Inter ce matin.

"Ce sont des débuts de cambriolages, des violences et les policiers ont voulu arrêter cette violence", a-t-elle ajouté. Benoît Hamon, leader du mouvement Génération-s, a réagi sur Twitter: "Glaçant, inadmissible".

"Comment 70 policiers maintiennent-ils au calme 150 jeunes? Il leur fallait bien trouver des moyens pour les faire tenir tranquilles".

Les images ont indigné des responsables politiques.

Le service Checknews de Libération apporte davantage d'informations, rapportant des éléments transmis par le ministère de l'Intérieur: A 12 h 20, 122 étaient interpellés et placés en garde à vue pour participation à un groupement en vue de la préparation à des violences volontaires ou des destructions ou dégradations.

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