Le Qatar claque la porte de l'Opep — Production pétrolière

06 Décembre, 2018, 09:25 | Auteur: Aubrey Nash
  • Coup dur pour le monde de l’énergie, le Qatar se retire de l’Opep

La poignée de main entre le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et le prince héritier d'Arabie saoudite lors du G20 symbolisait la conclusion d'un accord commercial stratégique.

Le ministre qatari de l'Énergie M. Saad Al-Kaabi, a fait savoir que son pays compte quitter l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), en janvier 2019.

Ce retrait ne pèsera pas sur la production de l'OPEP: le Qatar est le 17e producteur mondial de pétrole brut, avec 600 000 barils par jour, à comparer à la production totale de l'organisation, qui a dépassé les 33 millions en novembre. Il est affaibli de l'intérieur par l'affrontement entre l'Arabie saoudite et l'Iran, en compétition dans tout le Moyen Orient. "Nous n'avons pas beaucoup de potentiel [dans le pétrole], nous sommes très réalistes. Notre potentiel, c'est le gaz", a relevé le ministre.

Le Qatar est actuellement le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié.

Le Qatar justifie sa décision de se retirer de l'OPEP par son besoin de se concentrer sur la production du gaz. Cet argument est-il crédible?

Avant cela, le Qatar assistera à la réunion ministérielle des 6 et 7 décembre au cours de laquelle l'Opep et ses alliés, Russie en tête, définiront leur stratégie pour les six prochains mois, a-t-il dit, ajoutant que Doha continuerait de respecter ensuite ses engagements comme les autres pays non Opep. Le Qatar a d'ailleurs indiqué qu'il appliquerait la décision qui sera prise à Vienne cette semaine.

Les représentants de l'OPEP présents à Vienne mercredi s'accordent à prévoir une réduction de leurs objectifs de production malgré la demande explicite de Donald Trump de maintenir leurs extractions en l'état.

Comment interpréter le fait que la décision du Qatar intervienne à l'approche d'une réunion décisive des producteurs de pétrole?

Le départ de Doha va contribuer à affaiblir le cartel, a renchéri Thierry Bros.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont rompu en juin 2017 leurs relations diplomatiques avec Doha et imposé un embargo au Qatar, qu'ils accusent de flirter avec des groupes islamistes, dont les Frères musulmans.

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