Khashoggi: la Turquie demande l’arrestation de deux proches du prince saoudien

06 Décembre, 2018, 22:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le 2 décembre 2018 à Alger

L'ambassadeur d'Arabie saoudite aux États-Unis Khaled ben Salmane, frère du puissant prince héritier mis en cause dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, est rentré à Washington, qu'il avait quitté peu après ce meurtre, a-t-on appris mercredi de source diplomatique.

Piliers des sénateurs républicains, Lindsey Graham et Bob Corker ont assuré n'avoir "aucun" doute sur le fait que le prince Mohammed ben Salmane avait bien commandité le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Ce sénateur, chef de la puissante commission des Affaires étrangères, a affirmé n'avoir pas entendu, au cours de cette réunion d'environ une heure, l'enregistrement audio de l'assassinat de Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, début octobre. Enfin, d'autres travaillent à une résolution condamnant directement le prince héritier saoudien pour le meurtre.

Le général Ahmed Al-Assiri, qui agissait à titre de chef adjoint du renseignement et le conseiller " médias " de la cour, Saoud Al-Qahtani ont tous deux été démis de leurs fonctions le 20 octobre dernier après que Riyad eut admis que Khashoggi avait effectivement été tué dans le consulat d'Arabie à Istanbul, le 2 octobre dernier.

Une version rejetée par la presse et plusieurs hauts responsables turcs qui soupçonnent au contraire le prince d'avoir personnellement ordonné ce meurtre pour en faire un exemple.

Le meurtre de Khashoggi a considérablement terni l'image de l'Arabie saoudite et plus particulièrement celle du prince héritier MBS.

"Mohammed ben Salmane " est fou, il est dangereux, et il a mis cette relation en danger " car il n'est pas " fiable", a-t-il également lancé. Indignés, les sénateurs avaient alors adressé un sévère coup de semonce à Ryad, en dépit de la Maison-blanche: une résolution pour cesser tout soutien militaire à l'Arabie saoudite dans la guerre au Yémen avait franchi avec une nette majorité le 28 décembre un premier vote au Sénat.

Pour un haut responsable proche de l'enquête turque, la requête du bureau du procureur d'Istanbul visant les deux suspects saoudiens illustre le fait que, dans l'esprit d'Ankara, "les autorités saoudiennes n'agiront pas formellement contre ces deux individus". Selon un rapport classé produit par la CIA, Mohammed Ben Salmane a envoyé au moins onze sms à la personne en charge de l'escadron de 15 personnes qui a assassiné le journaliste Jamal Khashoggi.

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