Naissance d’un bébé après une greffe d’utérus de donneuse décédée

05 Décembre, 2018, 20:09 | Auteur: Jonathan Ford
  • Les médecins qui ont pratiqué la transplantation utérine à l'hôpital de Sao Paulo Brésil le 15 décembre 2017

En septembre 2016, cette Brésilienne de 32 ans, née sans utérus, avait été transplantée à l'Hôpital universitaire de São Paulo.

Cette première mondiale, révélée ce mercredi dans la revue The Lancet, s'est déroulée au Brésil il y a presque un an.

C'est la première fois qu'une transplantation d'utérus à partir d'une donneuse décédée aboutit à une naissance, et c'est aussi la première naissance avec greffe d'utérus en Amérique latine.

Depuis 2013, 39 transplantations d'utérus de donneuses vivants ont été pratiquées dans le monde, dont 11 ont conduit à une naissance.

Les effets et les résultats de ce type de greffe doivent cependant encore être comparés avec ceux d'une greffe plus classique, a-t-elle ajouté, lorsqu'une femme accepte de son vivant de faire don de son utérus. Elle avait déjà accouché de trois enfants.

C'est une première mondiale.

"La seule grossesse survenue après une greffe d'utérus prélevé post-mortem date de 2011 en Turquie" et s'était soldée par une fausse couche, observe le Dr Srdjan Saso, du département obstétrique de l'Imperial College de Londres. D'autres de ses organes, comme son cœur, son foie et ses reins ont également été prélevés.

L'opération a duré au total 10h30 et a été suivie d'un traitement immunosuppresseur pour éviter le rejet du greffon. Il n'a fallu que 37 jours après la transplantation pour que la patiente ait des règles et cinq mois pour qu'elles soient régulières. La grossesse est survenue après le premier transfert d'embryon unique, 7 mois après la transplantation.

Jusque-là, dans le monde, les équipes médicales attendaient un an. Grâce à cet organe, elle a pu concevoir un bébé, né le 15 décémbre 2017.

Le bébé pesait 2,550 kilos à la naissance et était en parfaite santé. Surtout, cette innovation évite les risques pour les donneuses vivantes et va permettre de s'appuyer sur un réservoir de donneuses potentielles plus grand. Dans le monde, on estime à une sur 500 les femmes infertiles présentant une anomalie utérine.

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