Les premiers échanges maroco-algériens directs débutent à Genève — Sahara

05 Décembre, 2018, 19:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Nasser Bourita Cette table ronde est différente de l’exercice précédent à plusieurs titres

Le sud du Sahara occidental est cédé à la Mauritanie, qui y renoncera six ans plus tard, alors que le nord et le centre du territoire reviennent au Maroc. Le 6 novembre, 350.000 Marocains entreprennent, à l'appel du roi Hassan II, une Marche verte vers le territoire désertique pour marquer son appartenance au royaume. Des sources onusiennes à Genève évoquent encore l'amorce par le Maroc d'une campagne visant à contester la légitimité du Front Polisario.

Le 27 février 1976, au lendemain du départ des derniers soldats espagnols, le Front Polisario ("Front populaire pour la libération de Saguia el-Hamra et Rio del Oro"), créé trois ans plus tôt et soutenu par l'Algérie, proclame la création d'une république sahraouie. En 1984, elle a été intégrée à l'Union africaine (qui s'appelait encore l'OUA) et le Maroc décide de claquer la porte de l'institution. Depuis le cessez-le-feu au Sahara occidental en 1991, le Maroc s'est régulièrement employé à prolonger la souffrance du peuple sahraoui et à saboter le processus du règlement du conflit sur la base des principes de la légalité internationale. Une mission de l'ONU est déployée dans le pays et chargée de l'organisation d'un référendum d'autodétermination. Les relations entre Ross et Rabat ont souvent été houleuses. Plusieurs plans sont avancés par les différentes parties, mais à chaque fois, ils sont rejetés.

En mars 2012, la neuvième réunion informelle entre le Maroc et le Polisario à Manhasset (Etats-Unis) s'achève sur une impasse. Une position que le Front Polisario a de nouveau réaffirmée au micro de RFI cette semaine. Le Maroc a réintégré l'Union africaine acceptant de fait de siéger au sein l'institution aux cotés de la RASD.

Le 16 août 2017, l'ancien président allemand Horst Kohler est nommé nouvel émissaire.

Et c'est ce travail qui aboutit en partie ce mercredi avec le début de cette table ronde. Les mêmes observateurs rappellent aussi "les dernières tentatives avortées du Maroc de bilatéraliser le conflit du Sahara occidental avec l'Algérie".

Le dernier cycle de négociations directes lancé par l'ONU en mars 2007 s'était enlisé en mars 2012, le Maroc refusant de permettre au peuple sahraoui de s'autodéterminer comme le prévoit l'ONU.

Dans le cadre de sa participation à la table ronde sur le Sahara Occidental, les 5 et 6 décembre 2018, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, s'est entretenu avec Horst Köhler, envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara Occidental. Ce rendez-vous de Genève ne serait donc que le premier d'une série et devrait ouvrir la voie à de nouvelles négociations.

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