Les débats se poursuivent — Accord de Brexit

05 Décembre, 2018, 03:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Le parlement voterait sans doute contre l'accord négocié à Bruxelles par l'équipe de Theresa May

Mais avant qu'elle ne puisse s'adresser aux députés, ceux-ci voteront pour décider si le gouvernement s'est rendu coupable d'"outrage au Parlement" en refusant d'accéder à leur demande de publier la totalité de l'avis juridique britannique sur le traité de retrait.

Les députés britanniques entament mardi cinq jours de débats sur les termes du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne marqués par un premier contretemps provoqué par le refus du governement de publier l'intégralité de l'avis juridique émis sur le texte.

BREXIT Après une première défaite de l'exécutif, la ratification de l'accord sur le Brexit par les députés s'annonce ardue. " Face à ce revers, le gouvernement conservateur a immédiatement fait amende honorable".

Lundi, lors d'un débat enflammé au Parlement, l'Attorney General (ministre chargé de conseiller juridiquement le gouvernement), a déclaré que le texte contenait des éléments "insatisfaisants" mais qu'il garantissait une sortie "pacifique et ordonnée" de l'UE. Le gouvernement a fait savoir qu'il se conformerait au vote des parlementaires.

C'est un camouflet pour la Première ministre Theresa May, à une semaine du vote sur l'accord du Brexit.

Outre l'opposition travailliste, les europhiles du Parti libéral-démocrate et les députés écossais indépendantistes, l'allié nord-irlandais de Theresa May, le petit parti unioniste DUP, s'opposent au texte, ainsi que des dizaines de députés conservateurs favorables à une rupture franche avec l'UE. Le DUP a d'ailleurs voté contre le gouvernement mardi, de l'aveu du député Nigel Dodds. Les eurosceptiques de son propre camp voudraient aussi la renverser. "Elle est destructrice pour notre système politique, et la vie est faite de compromis", a-t-elle poursuivi, soulignant que son accord respectait le résultat du référendum de juin 2016 ayant acté le Brexit. Et après des mois de discussions, le texte conclu avec l'UE laisse les deux camps frustrés.

Les plus fervents "Brexiters" estiment que le Royaume-Uni ne va pas franchement couper les ponts avec l'UE, tandis que les europhiles espèrent encore faire marche arrière.

Les partisans d'un second référendum ont eu de quoi se réjouir mardi: le Royaume-Uni pourrait, s'il le souhaite, décider unilatéralement de renoncer à quitter l'UE, a estimé l'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), dans un avis ne liant pas les juges de l'institution. Cet avis est une " opinion ", " pas un jugement final ", a réagi un porte-parole de Downing Street, ajoutant que cela ne changeait en rien la position du gouvernement, qui promet la mise en œuvre du Brexit acquis par un vote populaire. Le 11 décembre, les députés britanniques se prononceront en effet sur l'accord de divorce entre le Royaume-Uni et l'UE après 17 mois de difficiles négociations.

Il prévoit un "filet de sécurité" pour éviter le retour à une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et l'Irlande et préserver la paix sur l'île.

Ce mécanisme controversé, qui consiste à créer un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni, avec un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord, n'entrerait en vigueur qu'après la période de transition, si aucune meilleure solution n'était trouvée d'ici à la mi-2020.

Dans l'opposition, le Labour, le Parti libéral-démocrate et les indépendantistes sont contre le texte.

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