Gilets jaunes : Edouard Philippe lâche du lest et va parler aux Français

05 Décembre, 2018, 15:14 | Auteur: Aubrey Nash
  • Gilets jaunes: sous pression le gouvernement envisage un geste

La fronde des "gilets jaunes" a également relancé le débat autour d'une possible négociation sur les salaires, un coup de pouce au Smic ou une mise à contribution du patronat.

Envoyé en première ligne pour tenter de déminer la crise, il a également annoncé que les tarifs du gaz et de l'électricité "n'augmenteront pas pendant l'hiver" comme c'était prévu et la suspension, pour six mois là-aussi, du durcissement prévu du contrôle technique. Un moratoire, soit c'est un camouflet politique déguisé, soit c'est se moquer des Français et c'est remettre la taxe d'ici six mois.

"Trois mesures fiscales devaient entrer en vigueur le 1er janvier prochain: la hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel; la convergence de la taxation du gasoil sur l'essence, et l'alignement de la fiscalité du gasoil pour les professionnels avec celle appliquée au particulier".

Le gouvernement français a annoncé, mardi 4 décembre, un moratoire sur la hausse des taxes sur le carburant.

L'exécutif défend ce mercredi 5 décembre son plan de sortie de crise devant l'Assemblée nationale, au lendemain d'annonces visant à apaiser les "gilets jaunes" et à réduire le risque d'un nouveau week-end de violences.

"Ces décisions, immédiates, doivent ramener l'apaisement et la sérénité dans le pays" et "permettre d'engager un vrai dialogue sur l'ensemble des préoccupations qui se sont exprimées ces dernières semaines", a ajouté Édouard Philippe.

Il faudrait "être sourd ou aveugle" pour ne pas entendre ou voir la colère, a déclaré mardi le Premier ministre français Edouard Philippe qui s'exprimait à la télévision. "Si nous ne les trouvons pas, nous en tirerons les conséquences". La plupart des membres de cette délégation avaient prévenu qu'ils ne se rendraient pas à la réunion avec le Premier ministre pour "raisons de sécurité", du fait de menaces contre eux s'ils s'y rendaient.

De nombreux gilets jaunes ne sont pas satisfaits de l'annonce du gouvernement.

Ailleurs, les blocages continuaient et plusieurs stations-service étaient fermées pour rupture de carburant. "Ils font ça pour qu'on lève le camp et qu'on rentre chez nous, mais on ne va pas bouger", explique Lionel Rambeaux, soudeur, à un barrage à la sortie du Mans.

Il est trop tard pour ce genre de démarche. "Sûrement un hasard si ça nous porte juste quelques jours après les élections européennes", pointe également Marine Le Pen (RN).

Partout en France, les appels à se mobiliser un quatrième samedi de suite ont été maintenus. Le gouvernement craint aussi une extension de la colère à d'autres secteurs.

Même son de cloche du côté du groupe "Gilet Jaune". Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a invité "les gilets jaunes raisonnables" à ne pas se rassembler à Paris samedi, et a promis d'accroître la mobilisation des forces de l'ordre en France. Mardi, de nouveaux incidents ont éclaté devant des lycées de la région parisienne, et Marseille reste particulièrement touchée. Les plus modérés regrettaient qu'Edouard Philippe ne soit pas allé plus loin dans son geste envers les manifestants: "ce discours vient d'anéantir tous les espoirs d'apaisement des gilets jaunes modérés".

Recommande: