Nouveau rappel de médicaments à base de valsartan

30 Novembre, 2018, 15:38 | Auteur: Jonathan Ford
  • Rappel de valsartan: plus de 60% des médicaments concernés

Il s'agissait alors de la NDMA (N-nitrosodiméthylamine), elle aussi reconnue comme probablement cancérigène pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé.

Les trois quarts de ces médicaments utilisés pour soigner l'hypertension artérielle ont été rappelés à cause de la présence de substances probablement cancérogènes. La société chinoise Zhejiang Huahai Pharmaceuticals avait d'abord été mise en cause. Les patients "ne doivent, en aucun cas, interrompre leur traitement sans avis médical", précise l'ANSM dans un communiqué. Deux autres laboratoires chinois, Rundu Pharma et Tianyu Pharm, avaient ensuite été épinglés. Le deuxième rappel, annoncé jeudi, a été décidé en raison de "la présence possible d'une autre impureté, la NDEA (N-nitrosodiéthylamine)", selon l'ANSM. En effet, ces deux rappels concernent 75% des médicaments à base de valsartan disponibles sur le marché. Comme le premier, ce nouveau rappel "est mis en oeuvre par d'autres Etats européens et au niveau international", selon l'agence du médicament (ANSM).

L'ANSM s'alarme d'un défaut de qualité dans la substance active du valsartan, "probablement cancérogène". Depuis, selon l'ANSM, "de nombreuses investigations ont été entreprises depuis le mois de juillet 2018 au niveau européen", et de la NDEA a été retrouvée dans plusieurs traitements.

Dans le viseur de l'agence nationale de sécurité du médicament: des sociétés chinoises.

Nouveaux rappels de valsartan, ruptures de stock attendues
Second rappel de médicaments à base de valsartan: une substance probablement cancérogène détectée

Au total, 11 laboratoires pharmaceutiques sont concernés par les deux rappels, qui ne touchent cependant pas tous les médicaments à base de valsartan qu'ils produisent. "Pour l'instant, on ne peut pas répondre à cette question". Par conséquent, "des ruptures de stocks conséquentes sont attendues rapidement".

Les fabricants des médicaments qui ne sont pas concernés par les deux rappels "ne sont actuellement pas en mesure d'augmenter suffisamment leur production pour couvrir l'ensemble des besoins des patients français", a souligné l'ANSM. "Il existe de nombreuses alternatives thérapeutiques disponibles permettant d'assurer une prise en charge optimale des patients actuellement traités par valsartan", rassure l'agence, qui a publié une nouvelle "conduite à tenir". Il existe néanmoins des alternatives, "d'autres sartans [une classe de médicaments dont le valsartan est l'une des variantes, ndlr] et d'autres familles d'antihypertenseurs", a ajouté Jean-Michel Race. Une autre option devra également être trouvée avec le médecin si les pharmaciens sont en rupture de stocks de médicaments non concernés par le rappel. "Le risque d'un arrêt brutal de traitement étant important (poussées hypertensives, décompensations cardiaques, accidents neurologiques), _les patients ne doivent en aucun cas interrompre leur traitement sans avis médical_", insiste Jean-Michel Race, un des responsables de l'ANSM.

Et si le médicament habituel ne fait pas partie des lots de valsartan incriminés, il suffit de continuer son traitement sans rien changer.

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