Restitutions d'œuvres d'art à l'Afrique: Macron appelé à trancher

23 Novembre, 2018, 22:10 | Auteur: Sue Barrett
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Le 28 novembre 2017, le président Emmanuel Macron avait annoncé son intention de restituer temporairement ou de façon définitive les oeuvres d'art aux pays d'Afrique subsaharienne, dans un délai de cinq ans. Ils doivent remettre leur rapport vendredi à l'Elysée.

Dans les milieux des musées et galeries, qui possèdent de grandes collections africaines, ce rapport inquiète.

Certains musées, comme le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac, ont de très importantes collections africaines. Cela permettrait à un objet d'art africain entré dans les collections nationales pendant la période coloniale de pouvoir en sortir à la demande d'un Etat. Ils obéissent à trois principes inscrits dans le droit français: inaliénabilité, imprescriptibilité et insaisissabilité. Au seul musée du Quai Branly à Paris, sont présentes 70 000 pièces venues de l'Afrique sub-saharienne depuis le milieu du 19e siècle.

Proposition radicale, le rapport ne propose pas de contourner la loi mais de la changer: "Nous proposons une modification du code du patrimoine qui permette de prendre en compte tous les cas de figure et où le critère du consentement peut être invoqué", déclare Felwine Sarr dans un article mis en ligne mardi soir par le quotidien Libération.

Les experts estiment qu'entre 85 et 90% du patrimoine africain se trouvent aujourd'hui hors du continent africain.

Selon l'éditeur Philippe Rey, qui en publiera le contenu le 27 novembre en partenariat avec le Seuil, le rapport Savoy-Sarr "raconte les spoliations à travers l'histoire mondiale, évalue la part de la France, dresse un premier inventaire des œuvres spoliées, fait le récit des tentatives des pays africains pour se réapproprier leur patrimoine, analyse les questions juridiques qui se posent, et énonce un certain nombre de recommandations pratiques pour la mise en oeuvre des restitutions".

Selon l'avocat spécialisé Yves-Bernard Debie, depuis toujours contre la démarche des restitutions, "ce rapport est vicié et donc inopérant et sans effets", "dans la mesure où la mission confiée par le président, qui prévoyait notamment l'obligation pour les rapporteurs de consulter le marché de l'art, n'a pas été respectée", a-t-il réagi auprès de l'AFP.

L'évolution de la législation française pourrait avoir des influences pour les collections africaines dans d'autres anciennes puissances coloniales, comme le Royaume Uni, la Belgique, le Portugal, l'Allemagne, l'Italie.

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