La lutte contre le paludisme en mal de financement

21 Novembre, 2018, 23:55 | Auteur: Jonathan Ford
  • Remettre la lutte antipaludique sur les rails. Lieux où le paludisme frappe le plus fort - OMS - Organisation Mondiale de la Santé

Ce rapport précise que 219 millions cas ont été recensés en 2017 et c'est sensiblement les même chiffres qu'en 2016 où 217 millions de cas ont été dénombrés. 47 % du nombre total de cas sont situés dans quatre pays du continent: le Nigeria (25%), la République démocratique du Congo (11%), le Mozambique (5%) et l'Ouganda (4%).

Cependant, selon les scientifiques de l'OMS, si l'on prend plus de recul et que l'on compare les données 2017 à celles de 2010, la mortalité liée au paludisme a diminué dans toutes les régions du monde, à l'exception des Amériques. "Le monde fait face à une nouvelle réalité: avec la stagnation des progrès, nous risquons de dilapider des années de travail, d'investissements et de succès dans la réduction du nombre des personnes souffrant de cette maladie", alerte le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, dans le communiqué introductif du rapport.

À l'échelle mondiale, le nombre de décès liés au paludisme a connu une légère baisse par rapport à 2016, avec 435 000 morts en 2017 contre 451 000 l'année précédente. 92 % de ces cas se trouvent en Afrique, soit 200 millions de victimes. Mais là encore, l'Afrique est le continent le plus durement touché, tandis que la situation s'améliore en Asie. À l'inverse, l'Inde a déclaré trois millions de cas en moins. Mais auparavant, le nombre des personnes contractant la maladie avait baissé régulièrement, passant de 239 millions en 2010 à 214 millions en 2015.

Malgré des hausses marginales ces dernières années dans la distribution et l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide, principal moyen de prévention du paludisme, en Afrique subsaharienne, le rapport établit de grandes lacunes dans la couverture. Par ailleurs, il y a moins d'habitations protégées par les pulvérisations intradomiciliaires à effet rémanent qu'avant et l'accès aux traitements préventifs protégeant les femmes enceintes et les enfants reste trop limité. 3,1 milliards de dollars ont été investis au total par les gouvernements des pays d'endémie et les partenaires internationaux pour le contrôle et l'élimination du paludisme, soit un peu plus qu'en 2016. Ainsi, en 2017 toujours, " environ la moitié des personnes à risque en Afrique ne dormait pas sous une moustiquaire imprégnée ". Mais " le niveau d'investissement dans la lutte contre le paludisme reste inadéquat ", estime l'OMS qui souhaite 6,6 milliards de dollars (5,7 milliards d'euros) par an d'ici à 2020 pour faire reculer le paludisme. "Parallèlement, l'émergence continue de la résistance du parasite aux médicaments antipaludiques et la résistance du moustique aux insecticides menacent les progrès futurs".

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