Sommet de l'Apec: pas d'accord sur une déclaration commune (Chine)

18 Novembre, 2018, 18:41 | Auteur: Lynn Cook
  • L'Apec divisée après la passe d'armes entre Pékin et Washington

Les pratiques protectionnistes relèvent d'une approche à court terme qui est vouée à l'échec, a déclaré samedi le président chinois Xi Jinping à Port Moresby, où se tient le sommet de l'Apec.

Xi est la figure la plus en vue de ce sommet qui a cette fois pour improbable cadre Port Moresby, capitale papouasienne à l'insécurité notoire.

Le président chinois Xi Jinping venait de mettre en garde sur les effets du protectionnisme et de l'unilatéralisme sur la croissance mondiale.

Washington, et Pékin dans la foulée, ont imposé ces derniers mois des droits de douane punitifs à leurs importations mutuelles, mais l'excédent commercial chinois n'a fait que battre record sur record.

Illustrant l'impasse entre les deux premières puissances économiques de la planète, un diplomate participant à la rédaction d'une déclaration commune des pays de l'Apec a confié à Reuters que le commerce était un point de blocage dans l'élaboration de ce texte.

" L'histoire enseigne que personne ne sort gagnant de la confrontation, qu'elle prenne la forme d'une guerre froide, d'une guerre chaude ou d'une guerre commerciale ", a lancé M. Xi.

Combatif, M. Pence a répliqué que Washington ne céderait rien sur sa stratégie douanière "tant que la Chine n'aura pas changé son attitude".

"Ce qui n'a pas empêché M. Pence d'appeler les pays de la zone à se rapprocher des Etats-Unis et à ne pas emprunter " une route à sens unique ", en attaquant la diplomatie du chéquier " opaque " que mène selon lui la Chine.

Le Premier ministre australien Scott Morrison, devant les grandes nations de la région Asie-Pacifique, a pour sa part présenté et développé clairement la vision australienne pour l'Océanie et les petits états et pays insulaires en développement dans le Pacifique.

Comme pour démentir tout désengagement américain, le vice-président a annoncé que Washington s'associerait au développement en Papouasie d'une base navale de l'Australie, autre Etat redoutant les visées chinoises dans le Pacifique.

"M. Xi a profité de son intervention devant ce parterre de chefs d'entreprises pour défendre le titanesque programme d'investissements eurasiatiques dit des " Routes de la soie " promu par son pays et qui " n'est pas un piège comme l'ont présenté certains ". M. Pence, présent en lieu et place de Donald Trump, a donné le ton contre la Chine lors d'un forum des chefs d'entreprises. "Nous ne contraignons pas, nous ne corrompons pas, nous ne compromettons pas votre indépendance".

Ben Rhodes, qui fut conseiller adjoint à la Sécurité nationale de Barack Obama, a estimé que l'absence du président américain offrait " une occasion énorme à la Chine d'étendre son influence ".

En dépit de ces discours musclés, le sommet en lui-même s'est déroulé sans accroc, les dirigeants posant samedi en fin de journée pour la traditionnelle photo de famille, vêtus cette année de chemises jaunes ou rouges à motifs.

Sur le thème "Exploiter les opportunités d'inclusion, embrasser l'avenir numérique", l'Année de l'APEC 2018 est axée sur trois priorités: renforcer la connectivité et promouvoir l'intégration économique régionale; promouvoir une croissance inclusive et durable; promouvoir une croissance inclusive à travers une réforme structurelle.

Mais l'ordre du jour a été éclipsé par le simple fait que le sommet se tienne pour la première fois dans une ville à la réputation de coupe-gorge, où des gangs connus sous le nom de " raskols " font régner leur loi.

Une partie de la mission de sécurisation du sommet a été confiée à des armées étrangères.

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