BlaBlaCar va racheter Ouibus, la filiale d’autocars de la SNCF — Transports

14 Novembre, 2018, 21:08 | Auteur: Aubrey Nash
  • La SNCF vend Ouibus à BlaBlaCar

La promesse d'offres de transport du site Oui. sncf, lancé il y onze mois en lieu et place de Voyages-sncf.com, avait tout du message subliminal.

C'est une opération de sauvetage doublée d'une alliance stratégique que viennent d'annoncer conjointement la SNCF et le leader européen du covoiturage Blablacar qui compte parmi les rares "licornes" (ces ex-jeunes pousses valorisées à plus d'un milliard d'euros) tricolores. La plate-forme de covoiturage va racheter Ouibus, filiale de "cars Macron" de la SNCF, ont annoncé les représentants des deux entreprises, ce lundi.

"Nous terminons de modifier le modèle économique de Ouibus [dont l'activité est déjà à 90 % opérée par le recours à la sous-traitance et à des franchisés, NDLR], lequel va se voir ouvrir le marché des quelque 65 millions de membres de BlaBlacar dans 22 pays, et par voie de conséquence devenir complètement international", se félicite de son côté la directrice générale de Voyages SNCF, Rachel Picard, en réaffirmant la volonté du groupe public de réunir sur son site Oui.sncf "toutes les offres de mobilité partagée pour un service réellement porte-à-porte".

Les deux sociétés mettent en avant un enrichissement mutuel de leur offre commerciale pour justifier ce rapprochement. "A partir de l'été 2019, les clients de oui.sncf pourront combiner train et autocar, le covoiturage devant s'ajouter dans un second temps". "On se rend compte qu'il y a une complémentarité très, très forte", ajoute-t-il. "Nous sommes convaincus que, pour faire plus de train, il faut que nous fassions plus que du train", a lâché le président du groupe SNCF, Guillaume Pepy. Car la SNCF et Blablacar ont finalement un même ennemi commun: la voiture individuelle. Elle va donc renoncer aux 10% de production interne, ce qui doit passer par le départ de 95 salariés (dont 84 conducteurs). La start-up, leader mondial du covoiturage vient de s'offrir la filiale Ouibus de la SNCF. Critiquant " le développement du mode routier polluant au détriment des trains d'équilibre du territoire", la CGT-Cheminots " exige que pas un seul salarié ne soit licencié", a déclaré à l'AFP son secrétaire général Laurent Brun. "Blablacar, c'est de l'ubérisation". Ce projet s'inscrit dans la stratégie de la SNCF, qui veut transformer son site oui.sncf et son application en " un véritable assistant personnel de mobilité", en intégrant les solutions de transport d'autres acteurs de la mobilité. Le responsable syndical craint en effet que, pour rendre l'entreprise d'autocars profitable, Blablacar ne rogne "sur les salaires et les conditions de sécurité des passagers". En réalité, les changements devraient se trouver dans les destinations proposées.

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