Procès d'une mère ayant élevé son enfant dans un coffre de voiture

12 Novembre, 2018, 23:08 | Auteur: Lynn Cook
  • Elle séquestre son enfant dans le coffre de sa voiture durant deux ans

L'image de cette enfant nue, " rachitique", les "yeux révulsés", "mouillée de sueur", "la tête désarticulée et qui semblait chercher de l'air " est également à jamais gravée dans leur mémoire...

Le cas de "Séréna" - le prénom donné par la mère - "défie l'imagination", admettra le procureur de Brive à l'époque. Ses trois frères et soeurs, aujourd'hui âgés de 11 à 17 ans, ont été rendus au couple après avoir été un temps placés.

La mère, 50 ans à présent, et sous contrôle judiciaire, est jugée pour violence suivie de mutilation ou infirmité permanente sur mineur de 15 ans par ascendant, privation de soins ou d'aliments compromettant la santé d'un enfant par ascendant, et dissimulation ayant entraîné atteinte à l'état-civil d'un enfant. Et "un lien de causalité" avec l'isolement, le confinement subis.

Le procès de la maman de Séréna s'ouvre ce lundi 12 novembre devant les assises de la Corrèze, à Tulle.

Quant à sa fille, aujoud'hui âgée de presque sept ans, elle vit dans une famille d'accueil en Corrèze, sans aucun droit de visite de ses parents. L'enquête montre rapidement que Maria-Rosa Da Cruz a accouché en secret fin novembre 2011, puis a dissimulé pendant près de deux ans la petite fille - qu'elle a appelée Serena - aux yeux de ses trois autres enfants et de son mari.

Selon la Corrézienne, elle n'aurait pris conscience de sa grossesse qu'au huitième mois et l'avait cachée à son entourage, voire son conjoint. "On est totalement dans le déni de grossesse", avait estimé, tôt dans le dossier, l'avocate de l'accusée Me Chrystèle Chassagne-Delpech. Néanmoins, sa cliente n'a toutefois pas eu le "geste fatal" qu'ont de nombreuses femmes en déni de grossesse jusqu'au néonaticide, mais l'a "laissée en vie. d'une certaine façon", avait-elle dit. Cette zone grise entre maltraitance psychologique et émotionnelle, relevée par les experts, et les soins (biberons, câlins) que la mère assure avoir apportés à l'enfant.

"Je me suis enfermée dans un mensonge, un gouffre". Mais il évoque aussi un 'déni de l'enfant', ce qui scientifiquement n'est pas prouvé.

L'avocate de la défense n'a pas souhaité s'exprimer en amont du procès.

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