Murielle Bolle se défend d'être "le monstre qu'on décrit"

04 Novembre, 2018, 21:45 | Auteur: Sue Barrett
  • Murielle Bolle: dans son livre du nouveau sur l'affaire Grégory

Trente-quatre ans après la garde à vue au cours de laquelle elle a accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir enlevé Grégory Villemin, Muriel Bolle se décide à parler, dans un livre justement intitulé Briser le Silence (Michel Lafon). Âgée de 15 ans en 1984 au moment des faits, celle qui est devenue rapidement un des personnages centraux de l'affaire du petit Grégory a écrit un livre pour raconter "sa" vérité, près de 34 ans après les faits et la disparition tragique d'un petit garçon dont on ignore encore qui est responsable de son décès. Je suis maman, mamie maintenant, donc je comprends. "Je porte la culpabilité de [la] mort" de Bernard Laroche, assure-t-elle aussi.

Cet entretien exceptionnel est à retrouver dans le JT de 20 Heures ce 4 novembre, puis en intégralité sur LCI à 20H30. Ensuite annulées pour des questions de procédure, ces mises en examen devraient être de nouveau demandées par le parquet général une fois tous les recours purgés. "Il ne faisait de mal à personne". "Jamais je n'aurais pu cacher un tel crime, c'est horrible". Quatre jours après ses déclarations fracassantes, la jeune fille s'était rétractée, assurant avoir été mise sous pression par les gendarmes.

"Elle raconte aussi les conséquences de l'affaire sur sa vie d'adolescente: "le changement de collège car elle était "moquée" et "[montrée] du doigt", et finalement l'abandon de l'école et son rêve de devenir pâtissière.

"Si Bernard Laroche avait été impliqué dans cette sombre affaire, Murielle Bolle l'aurait dit, jure-t-elle au Parisien en présence de son avocat, Maître Jean-Paul Tessonnière". "Mais s'il y a un procès, je me battrai". "J'ai vécu la plus longue garde à vue de l'histoire: elle a débuté en 1984 pour s'achever 33 ans plus tard (.) aujourd'hui encore, j'ai du mal à trouver du travail".

Libérée de prison le 4 août 2017 après cinq semaines de détention suite à sa mise en examen le 29 juin pour enlèvement suivi de mort, Murielle Bolle dit avoir "été insultée par les autres détenues qui me traitaient de tueuses d'enfant". J'espère qu'on va enfin me croire: "la justice, les parents de Grégory et l'opinion publique à laquelle j'ai été jetée en pâture". "J'ai tenté de sortir une fois dans la cour mais j'ai reçu des projectiles", décrit-elle encore. "Il y a eu tellement d'erreurs dans cette affaire.Mais j'espère qu'on connaîtra la vérité", confie-t-elle au Parisien.

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