Le mari d’Asia Bibi craint pour sa famille — Pakistan

04 Novembre, 2018, 19:21 | Auteur: Lynn Cook
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	Société	
	Asia Bibi chrétienne emprisonnée pour blasphème échappe à la peine de mort	
	
							par Anais Moine	
						aujourd'hui à 08:30

"Après cela, je demande à la Première ministre britannique de faire de son mieux pour nous aider", déclare-t-il dans un message vidéo.

Saif-ul-Mulook, l'avocat qui a défendu la Pakistanaise chrétienne Asia Bibi, qui risquait la peine de mort pour blasphème, a décidé de quitter son pays ce 3 novembre, expliquant à l'AFP, avant d'embarquer dans son avion: "Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan".

Les manifestants islamistes qui paralysaient le Pakistan depuis trois jours pour protester contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi ont annoncé vendredi soir la levée du blocus après un accord avec le gouvernement.

"Si Asia Bibi quitte le pays, chaque membre de sa famille, chaque personne associée à elle, sera tuée", s'est inquiété Wilson Chowdhry, qui estime à "moins de vingt" le nombre de personnes devant obtenir l'asile dans cette affaire. Mercredi 31 octobre, à l'annonce de son acquittement, on pouvait la croire déjà libre, prête à rejoindre sa famille à Londres. Sous la pression d'extrémistes religieux, le gouvernement va lancer une procédure pour empêcher la jeune femme de quitter le pays, il s'est aussi engagé à ne pas bloquer une requête pour réviser le jugement. "Pour nous, la vie au Pakistan est très difficile, nous ne sortons pas de chez nous, nous sommes très prudents", avait souligné sa fille Esham. La famille est totalement brisée. Samedi, Ashiq Masih avait demandé aux autorités de "renforcer la sécurité" de son épouse "en prison", critiquant l'accord signé par le gouvernement.

Le TLP avait déjà bloqué l'accès à Islamabad pendant plusieurs semaines en novembre 2017 pour des motifs également liés à la question du blasphème et obtenu la démission du ministre de la Justice. "J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi", a commenté Me Mulook, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente.

L'un des chefs de file des manifestants avait appelé mercredi au meurtre des juges de la Cour suprême et à la mutinerie dans l'armée, poussant cette dernière à entrer dans le jeu vendredi. "Ils ne peuvent même pas [faire] appliquer un jugement de la plus haute cour du pays". "L'Etat n'ignorera pas la rébellion", a-t-il tonné devant la presse. Quelque 500 personnes sont recherchées, a-t-il poursuivi.

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