La Nouvelle-Calédonie choisit de rester française

04 Novembre, 2018, 18:45 | Auteur: Aubrey Nash
  • Nouvelle-Calédonie : l’indépendance ou pas réponse dimanche dans les urnes

Environ 56,8% des habitants de Nouvelle-Calédonie ont voté contre la décision de devenir un État indépendant, selon le dépouillement de 90% des suffrages du référendum de dimanche. La participation, massive, s'est élevée à 80,63%.

" C'est aux Calédoniens qu'il appartient de choisir", avait-il souligné, alors que près de 175.000 électeurs de cet archipel français depuis 1853 sont appelés aux urnes dimanche.

Le référendum était attentivement suivi par Paris, à 18 000 km de là. Le président Emmanuel Macron s'exprimera à la télévision depuis l'Elysée à 13h dimanche (23h, heure locale) à l'issue de la proclamation officielle du résultat.

À la grande "fierté" d'Emmanuel Macron, les Néo-Calédoniens ont tranché: ils resteront Français.

Actuellement en visite au Viêt Nam, le Premier ministre Edouard Philippe est attendu lundi à Nouméa pour "rencontrer l'ensemble des forces politiques " et "discuter " de l'avenir du territoire au lendemain du référendum.

Le résultat a aussi été salué par les indépendantistes qui s'estiment confortés par leur score.

Fort de ce résultats supérieur à leurs attentes, les indépendantistes ont aussitôt réaffirmé leur volonté d'aller jusqu'au bout de l'accord de Nouméa (1998) et de demander l'organisation de deux autres référendum dans les quatre ans à venir, comme prévus par l'accord. En 1988, les accords de Paris avaient entamé ce travail de réconciliation après des années 1980 marquées par les violences, et la prise d'otages puis l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, qui avait fait 25 morts.

A la mairie de Nouméa, Chanel Cinédrawa, paysagiste de 43 ans, a voté indépendantiste, car "c'est le combat de nos vieux, il faut honorer leur mémoire, c'est une fierté de porter nos couleurs", dit-il. Les principaux responsables politiques avaient prévenu, en amont des résultats officiels du vote, que le non pourrait inciter une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, à des débordements. Pour rendre ce scrutin incontestable, 250 délégués dépêchés par l'Etat, et des observateurs de l'ONU seront présents dans les bureaux. "C'est l'assurance, la sécurité ", explique Patrick Levenchaud, fonctionnaire de 54 ans.

Un sondage publié début octobre par Nouvelle-Calédonie la 1ère donnait le "non" largement vainqueur avec 66% des voix.

Les trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien dans la France. Pour Paul Fizin, en dépit de trente années de rééquilibrage économique et social en faveur du peuple premier, les inégalités restent criantes. Les deux camps craignaient sa réaction si le non l'emportait. Echec scolaire, chômage élevé, habitat précaire. La vente d'alcool dans les commerces a été interdite ce week-end, les effectifs de gendarmerie ont été étoffés et la prison de Nouméa a renforcé sa capacité d'accueil.

Recommande: