Après la vidéo de L214, l'abattoir de l'Indre suspendu de ses activités

03 Novembre, 2018, 19:12 | Auteur: Lynn Cook
  • Manifestation de militants de l'association L214 pour la fermeture des abattoirs à Paris le 10 juin 2017- GEOFFROY VAN DER HASSELT- AFP  Archives

"Aucun contrôle de sensibilité n'est effectué après l'utilisation du matador (pistolet à tige perforante) censé étourdir les animaux", écrit l'association dans un communiqué. "Des bovins commencent à être découpés alors qu'ils sont encore vivants".

Des vaches gisant dans le sang de leurs congénères, un chevreau hurlant, pendu encore vivant à un crochet, un salarié qui s'y prend à plusieurs fois avant de mettre à mort des bovins qui meuglent.

L'association, qui milite pour un meilleur traitement des animaux élevés et abattus pour la consommation, affirme avoir filmé ces scènes entre fin août et début septembre dans cet abattoir certifié bio et qui abat quelque 17.000 animaux chaque année. Des "actes intolérables" selon le ministre, qui a également mandaté la Brigade nationale d'enquête vétérinaire pour diligenter une enquête administrative. "Sur la base des conclusions, des décisions appropriées seront ensuite prises", continue le communiqué qui rappelle également qu'une loi promulguée le 2 novembre a créé un nouveau délit de maltraitance en abattoir.

L'association a porté plainte auprès du procureur de la République de Châteauroux pour "maltraitance et actes de cruauté".

Par ailleurs, l'association L214 avait appelé les groupes de distribution Système U et Carrefour, qui commercialisent de la viande issue de cet abattoir, à "cesser immédiatement de s'approvisionner auprès de celui-ci".

L'abattoir de Lacs, où ont été tournées les images, a lui aussi déposé plainte, mais "pour intrusion dans les locaux et captation d'images dans un lieu privé", selon France Bleu Berry. Le distributeur Carrefour a assuré à l'AFP, par téléphone, qu'il ne s'approvisionnerait plus chez ce fournisseur.

Deux ans et demi après la diffusion de ces images éprouvantes, l'ex-directeur de l'établissement a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Pau à six mois de prison avec sursis et les employés à des amendes. "Nous sommes conscients que ce métier d'abatteur, très difficile, doit évoluer, réagit François Daugeron, président de la communauté de communes de La Châtre, après avoir vu cette vidéo".

Le préfet de l'Indre a ordonné samedi la suspension provisoire et immédiate de l'activité d'un abattoir du département, à la demande du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, qui a dénoncé dans un communiqué les "pratiques inacceptables" de l'établissement. En conséquence, les sanctions auxquelles s'expose tout professionnel qui ne respecterait pas ses obligations vis-à-vis de la protection animale sont désormais plus sévères.

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