Asia Bibi échappe à la peine de mort — Pakistan

02 Novembre, 2018, 20:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Asia Bibi mère de 5 enfants condamnée à mort au Pakistan pour blasphème après une dispute autour d'un verre d'eau elle a été acquittée

Ils protestent pour la deuxième journée consécutive contre le jugement rendu mercredi par la Cour suprême, qui a prononcé l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème. "Ne nous forcez pas à entrer en action ", a-t-il dit, ajoutant qu'il espérait une résolution " pacifique ". "J'avais rêvé que les murs de la prison s'effondrent", lui a-t-elle répondu avant de se répandre en remerciements.

L'annonce de son acquittement a provoqué la fureur des milieux islamistes radicaux, en particulier les partisans du mouvement Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un parti politique islamiste radical, qui sont descendus par milliers dans les rues du pays, bloquant de nombreuses routes, saccageant et brûlant des magasins et des biens privés, criant des menaces de mort aux magistrats et à Asia Bibi et appelant l'armée à la mutinerie.

En pratique, la libération de Mme Bibi pourrait prendre plusieurs jours en raison de procédures administratives, a indiqué l'avocat. "Le verdict montre que les pauvres, les minorités et la fraction la plus modeste de la société peuvent obtenir justice dans ce pays en dépit de ses défauts", s'est-il félicité.

"C'est un moment merveilleux".

Asia Bibi, mère de famille illettrée, avait été condamnée à la peine capitale à la suite d'une dispute avec des musulmanes au sujet d'un verre d'eau.

En cas de libération, " Asia ne peut pas rester (au Pakistan) avec la loi " sur le blasphème, avait estimé son mari Ashiq Masih, accueilli à Londres par l'ONG catholique Aide à l'Église en détresse (AED) et interrogé le 13 octobre par l'AFP.

"Nous sommes très heureux". Son cas avait suscité une mobilisation internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. "Pour nous, la vie au Pakistan est très difficile, nous ne sortons pas de chez nous, nous sommes très prudents", avait souligné sa fille Esham.

Le blasphème est un sujet extrêmement sensible au Pakistan, où l'islam est religion d'Etat. Imran Khan, durant la dernière campagne électorale, avait déclaré soutenir inconditionnellement la loi. Ceux qui sont reconnus coupable d'offense à l'islam encourent la peine capitale. Mme Bibi n'est pas la seule affaire controversée qu'il ait eu à plaider dans sa carrière.

Des déclarations qui apparaissent comme héroïques quand on se souvient, le 4 janvier 2011, que le gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, qui avait publiquement défendu Asia Bibi, avait été assassiné.

L'atmosphère a été encore alourdie dans la soirée par l'annonce de l'assassinat d'un influent mollah octogénaire, Sami ul-Haq, connu pour ses ses liens étroits avec les talibans afghans et dont le parti est un allié de celui du premier ministre Imran Khan.

Les défenseurs des droits de l'homme voient en Asia Bibi un emblème des dérives de la loi réprimant le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels.

Qadri a été condamné à mort et pendu en 2016.

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