Brésil : à qui profite l'élection de Bolsonaro

29 Octobre, 2018, 17:39 | Auteur: Aubrey Nash
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La victoire, sans surprise du candidat Bolsonaro a été célébrée avec des feux d'artifice et des scènes de liesse de la part de ses supporters dans plusieurs villes du Brésil.

Devenu capitaine de réserve, Bolsonaro se lance dans la politique en se faisant élire la même année conseiller municipal de la ville de Rio de Janeiro pour le Parti démocrate chrétien (PDC).

Quelque 147 millions de Brésiliens ont voté pour départager le sulfureux candidat d'extrême droite, qui était le grand favori, de son adversaire du Parti des Travailleurs (PT) de l'ex-président emprisonné Lula.

Dans son premier discours après l'annonce des résultats, Fernando Haddad n'a pas félicité le vainqueur et a demandé que ses "45 millions d'électeurs soient respectés". À Sao Paulo, plus grande métropole du Brésil, des milliers de partisans de Bolsonaro sont également descendus dans les rues, notamment Avenue Paulista, une des principales artères de la mégalopole. "Nous avons la responsabilité de représenter une opposition qui place les intérêts de la Nation au-dessus de tout". Le très impopulaire président sortant Michel Temer a salué la victoire de son successeur, annonçant que la transition entre les deux gouvernements débuterait dès lundi. "Au 1er tour j'ai voté nul, mais aujourd'hui je vote Haddad parce que le discours de haine et d'intolérance de Bolsonaro représente un risque pour notre pays", dit-il au sujet du candidat qui a fait l'éloge de la dictature et de ses tortionnaires.

Jair Bolsonaro devrait se rendre à Brasilia dès mardi pour s'entretenir avec M. Temer, ainsi que le président de la Cour suprême Dias Toffoli et le chef d'état-major des armées, le général Eduardo Villas Bôas.

Catholique défenseur de la famille traditionnelle, il a reçu le soutien crucial des puissantes églises évangéliques et a indigné, par ses déclarations outrancières, une bonne partie des Noirs, des femmes et des membres de la communauté LGBT.

Dans un Brésil miné par une violence record, le marasme économique, une corruption endémique et une crise de confiance aiguë dans la classe politique, l'ancien parachutiste a réussi à s'imposer comme l'homme à poigne dont le Brésil aurait besoin.

Mais aussi une réponse à la violence prônée par les partisans de Jair Bolsonaro, un ultra-conservateur qui a lui-même promis pendant la campagne de "purger" le pays des "marginaux rouges". "Je suis venue très tôt, et c'est important parce que chaque voix compte", a déclaré à l'AFP Maria do Socorro, une électrice de 74 ans, devant son bureau de vote de Copacabana, à Rio de Janeiro.

La liste est longue des Brésiliens qui ont de quoi être inquiets de l'avenir après les déclarations agressives du candidat Bolsonaro qui avait dit vouloir gouverner " pour la majorité, pas pour la minorité ". Le président américain l'a d'ailleurs appelé dimanche soir pour le féliciter et les deux hommes ont exprimé leur intention de travailler "côte à côte pour améliorer la vie des Américains et des Brésiliens", dit un communiqué de la Maison Blanche.

Pour Marcio Coimbra, de l'Université presbytérienne Mackenzie, le Brésil a des garde-fous solides avec "un parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne".

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