Les acteurs ont fait pipi dans la piscine — Le Grand Bain

27 Octobre, 2018, 12:23 | Auteur: Sue Barrett
  • Le Grand Bain : critique qui plonge tête la première

"Ou moi-même" a répondu du tac au tac Gilles Lellouche. Et l'acteur-réalisateur d'expliquer: "Je n'avais pas envie de faire Les petits mouchoirs ou Les Infidèles à la piscine".

Si vous en doutiez encore, la natation synchronisée masculine existe bel et bien, mais souffre d'un monopole (forcé) exclusivement féminin et des inévitables clichés (et rejets) qui vont avec. Mais en ratissant au-delà de son cercle d'amis habituel, Lellouche laisse tomber l'humour connivent au profit d'une écriture plus rigoureuse.

"Le Grand Bain" est-il ce qu'on pourrait appeler une comédie dépressive? Canet en fils meurtri et père intransigeant, Poelvoorde en vendeur de piscines dans le déni de ses dettes, Philippe Katerine en gentil vieux garçon, Amalric en chômeur humilié par sa famille, Anglade en rock star ratée, mutualisent leurs talents, leurs physicalités, leurs humours, leurs univers très différents pour former un tout homogène, énergique, bon-enfant. Mieux, en évitant les gags peu inspirés (du style "la natation synchronisée, c'est pour les filles "), "Le Grand Bain" s'avère être une excellente surprise, énergique et barrée. "Call Me!" crie Blondie pendant les entraînements où les sportifs en herbe sont malmenés par Delphine, une entraîneuse fumeuse qui pointe aux Alcooliques anonymes (Virginie Efira), puis Amanda, une sadique en fauteuil roulant (Leïla Bekhti). Le film, généreux, a toujours une vanne fatale sous le coude, un bon mot (parfois un peu gênant) mais surtout, carbure au cinéma. Lellouche travaille sa mise en scène et ses cadres avec une faim esthétique insatiable. Un feel good movie tendre et parfois hilarant!

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