"8,2 % des actifs ont vécu une dépression en 2017" — Dépression et travail

19 Octobre, 2018, 16:53 | Auteur: Jonathan Ford
  • Une personne dépressive

Paris, le mardi 16 octobre 2018 - Le dernier numéro du Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (B.E.H.) est consacré à la prévalence de la dépression dans notre pays, d'une part dans la population générale âgée de 18 à 75 ans et d'autre part chez les actifs occupés. Cette hausse est d'autant plus inquiétante qu'elle succède à une période de stabilité sur la période 2005-2010.

La dernière étude de "Santé Publique France" fait ressortir que plus d'un Français sur 10 a vécu un épisode dépressif en 2017. Ici aussi, les femmes sont deux fois plus concernées que les hommes (11,4% vs 5,3%). Le BEH révèle qu'une méta-analyse portant sur 56 études avait montré que le risque de dépression était 1,8 fois plus important chez les personnes avec un statut socioéconomique défavorisé que chez celles issues d'un milieu socioéconomique élevé.

Cela s'explique par le rôle et la position sociale des femmes qui les exposent beaucoup plus au stress. Les hommes cadres apparaissaient les moins touchés (4,5%). L'an passé, une sur cent a été admise en établissement psychiatrique pour des troubles anxieux. Parmi les actifs, les personnes aux faibles revenus restaient les plus exposées avec une augmentation de plus de 3 points entre 2010 et 2017. Tendance plus alarmante, leur nombre s'accroit au fil des années. Sur la période analysée, entre 2010 et 2017, les femmes, les chômeurs, les étudiants, les faibles revenus et les moins de 45 ans sont les plus touchés.

Contrairement à une déprime passagère, un épisode dépressif caractérisé dure au moins deux semaines consécutives.

La dépression se caractérise par une tristesse ou une perte d'intérêt et de plaisir, associées à des sentiments de culpabilité ou de dévalorisation de soi, un sommeil ou un appétit perturbé, des problèmes de concentration ou encore des idées suicidaires. Pour cause, la dépression se développe la plupart du temps dès le plus jeune âge. "Elle doit s'imposer comme une priorité de santé publique", martèlent-ils, appelant à "la mise en place de dispositifs visant à faciliter le repérage, l'orientation et la prise en charge".

Compte tenu de l'impact économique de la dépression, la prévention est vitale.

Selon Santé publique France, " les troubles dépressifs seraient responsables de 35 à 45% des arrêts de travail et seraient retrouvés dans plus de la moitié des cas de décès par suicide ". Les souffrances au travail comme les menaces et les violences physiques favorisent la survenue de la dépression.

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