Londres prêt à prolonger la période de transition — Brexit

18 Octobre, 2018, 14:34 | Auteur: Lynn Cook
  • La Première ministre britannique Theresa May lors d'une visite dans un centre caritatif à Londres le 15 octobre 2018

Theresa May, qui a parlé pendant une quinzaine de minutes, a fait une " évaluation positive " des " progrès " réalisés jusque là, selon une source européenne. L'UE à 27, qui attendait Theresa May de pied ferme, a estimé que la Première ministre britannique n'avait apporté aucun élément suffisant pour pouvoir convoquer un sommet spécial en novembre.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a précisé qu'il demanderait à la dirigeantes britannique des propositions "concrètes" et "créatives" pour sortir de l'impasse, "une nouvelle méthode de penser".

" Il y a encore du travail devant nous", ajoute pour sa part la chancelière allemande Angela Merkel, qui fait pourtant état d'un accord " prêt à 90 % ". La dirigeante britannique avait tenu plusieurs rencontres bilatérales pour préparer le sommet; avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et celui du Conseil européen, Donald Tusk, ou encore le président français Emmanuel Macron.

L'enjeu, absolument essentiel pour Dublin, qui a reçu un soutien sans faille de ses partenaires, est d'éviter un retour d'une frontière dure avec sa province perdue, car cela pourrait entraîner des troubles entre les catholiques républicains, à nouveau séparés de leur mère patrie, et les protestants largement "unionistes" c'est-à-dire attachés au Royaume-Uni.

"Même si on trouve un accord ici, ce n'est pas encore garanti qu'il passe à Londres", a résumé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.

L'espoir initial d'un dénouement lors de ce sommet, jusqu'alors présenté comme un "moment de vérité" à moins de six mois du départ du Royaume-Uni, prévu le 29 mars 2019, s'est évanoui.

Mais les dernières discussions entre l'UE et Londres sont restées vaines, butant principalement sur la solution qui permettrait d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, afin de sauvegarder les Accords de paix de 1998. Mais cette fois encore, il faut compter avec les brexiters les plus excités, qui craignent que le temporaire ne devienne définitif et que le maintien de l'Irlande du Nord dans le marché unique ait des conséquences réglementaires pour le reste du pays.

Mercredi, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, lui, a suggéré que le Royaume Uni reste dans l'union douanière et le marché intérieur jusqu'à fin 2021, soit un an de plus que prévu initialement.

" Mme May joue avec le feu", a commenté jeudi le Sun, conservateur, à propos de cette hypothèse évoquée dès l'ouverture du sommet mercredi, qu'il a qualifiée de " nouvelle reddition ". Pas de solution miracle Prolonger la transition, " ce n'est pas une solution en tant que telle. "Ça ne va pas résoudre miraculeusement le problème" de la frontière, a cependant nuancé un autre diplomate européen. Londres, de son côté, propose de rester aligné sur les règles douanières de l'Union jusqu'à la signature d'un accord de libre-échange plus large afin d'éviter le contrôle de marchandises aux frontières. Dans son invitation aux chefs d'État et de gouvernement rendue publique lundi soir, Donald Tusk avait jugé " plus probable que jamais " le scénario d'une absence d'accord, appelant à accélérer les préparatifs pour faire face à cette éventualité.

Une solution serait de maintenir la Grande-Bretagne dans l'union douanière (et donc sans possibilité de négocier des accords de commerce) et l'Irlande du Nord dans le marché unique jusqu'à ce qu'une solution définitive soit trouvée pour les deux Irlandes.

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